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dimanche 5 avril 2009

Second Life: The Myster Rendez-vous


Je pensais que je serai le premier à l'annoncer mais ...c'est Daneel qui a dégainé le plus vite. (et je l'en remercie.)
Dans le cadre de la manifestation " Empreintes Numériques" oragnisée à Toulouse, je fais ma première "Performance" en direct SL et RL

VENDREDI 24 AVRIL à 21 HEURES au Théâtre Evariste Parny

SAMEDI 25 AVRIL à 21 HEURES au Théâtre Evariste Parny


Le Théâtre se situe sur la région 3 de de Bourbon Island.



Toujours en direct RL et SL pour Empreintes Numériques, je ferai aussi une "conférence" à partir des textes de ce blog

Le SAMEDI 25 AVRIL à 17H00 à La Bibliothèque Francophone

Vous êtes les bienvenus pour ces 3 rendez-vous.

Ces différents rendez-vous seront pour moi l'occasion de vous parler de la vie sur SL.


« Lost in SL »

« Voilà plus de deux ans, que j’arpente Second Life et bizarrement, je n’ai pas encore déconnecté de la réalité. Enfin c’est ce que je crois…
Suis-je complètement « Lost in SL » ?
J’ ai ressenti le besoin de faire le point sur mon humanité. De vous raconter ma vie virtuelle. Sexuelle. Philosophique. Métaphysique. De danser. De chanter. De partager. De rire avec vous.
J’en profite. Il paraît que je suis encore en état de comprendre… »



Vendredi 24 AVRIL 21h00 au Théatre Evariste Parny de Bourbon Island

Samedi 25 AVRIL 21h00 au Théatre Evariste Parny de Bourbon Island

Samedi 25 AVRIL 17h00, Bibliothèque Francophone

Empreintes Numériques



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samedi 1 novembre 2008

Second Life: Une simple question



Au cours d'un concert que je n'écoutais pas vraiment, j'ai commencé une discussion avec une avatar qui m'a posé une question simple.

"Penses-tu que nous si nous sommes autant "pris" par Second Life c'est parce que nous permettons aux autres de nous connaître à un niveau beaucoup plus profond que dans la RL?"

Question juste. Je n'avais pas encore vu les choses sous cet angle. Je lui ai répondu que la réponse était sûrement contenue dans sa question. " Oui pour certains cela marche sûrement comme ça..."

Pour elle, il ne pouvait en être autrement. "Ici les gens se sentent en sécurité pour s'exprimer eux-mêmes."

Elle parlait d'elle-même. Sans doute. Chaque avatar se révèle à travers ses propres questions sur SL. Chacun a sa façon de voir ce monde. Et personne ne détient la vérité sur SL, ni sur aucun autre monde.
Chaque vécu diffère, mais tous se rejoignent ou se confrontent, se complètent, s'enrichissent.
Cela devrait être exactement la même chose dans la RL n'est-ce pas? C'est parfois le cas.
L'expérience de SL avait permis à cet avatar de comprendre des choses sur le monde réel: Finalement, nous ne nous exprimons pas avec une grande liberté dans ce monde.

Et sa question en a appelé une autre chez moi: Est-ce que l'expérience de SL permet de voir le monde réel avec d'autres yeux?

La réponse est incluse dans la question...





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jeudi 30 octobre 2008

Second Life: "Avatars", l'album


Je n'ai pas écouté cet album. J'ai juste été frappé par la couverture. (Normal pour un avatar.)
Je l'ai trouvée très belle. Cet avatar est vraiment réussi. Il y a à parier que nous serons aussi nuancés un jour.

J'aime voir un artiste "célèbre" transformé en avatar, selon ses désirs. Cela fait du bien à mon regard. Cela m'a touché qu'il se prête à ce jeu. Qu'il appelle son album "Avatars". Il y a quelque chose qui bouge.

D'après un article du monde, William Sheller se serait inspiré des sites "relationnels" comme My Space ou Second Life pour écrire son dernier album. Je ne connais pas le contenu de ses observations, mais William Sheller semble être l'un des premiers auteurs-compositeurs à prend en compte l'émergence de ces mondes et à l'intégrer à sa création.

Les avatars commencent à faire leur apparition dans le monde "tangible" et à sortir de leur monde initial. Cela fait encore peur?
De moins en moins. Prenons la partie pleine du verre: Il va y avoir de belles rencontres entre les avatars et les êtres humains. Des échanges inédits. Des créations nouvelles. Une mixité. Rappelons au passage que derrière les avatars, il y a des êtres humains. Peut-être que cela fera moins peur.

Autre bonne nouvelle: le mot "avatar" est en train d'être banalisé. Le sera-t-il un jour autant que le mot "homme"?

Quel que soit le point de vue sur de William Sheller sur ces questions, j'espère que son album est réussi...


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dimanche 28 septembre 2008

Poppy,un personnage réel...


Je vais parler de ma real life. C'est rare. Il va falloir en profiter. (Non, la photo que vous regardez n'est pas celle de ma petite copine.)
Ce que je vais révéler de ma real life c'est l'événement suivant: j'ai vu un film qui s'appelle "Be happy" de Mike Leigh. Gros scoop n'est-ce pas?
Je ne ferai pas ici la critique de ce film, car je ne suis pas là pour critiquer. Je souhaite uniquement parler du personnage principal, Poppy, (interprété par Sally Hawkins, qui a remporté l'Ours d'argent du Prix d'interprétation féminine à Berlin.)
Pour moi Poppy est l'un des personnages les plus intéressants vu au cinéma ces dernières années. Et grâce à elle j'ai compris un petit truc sur le virtuel.

Cette fille de trente ans a la particularité d'être particulièrement heureuse, elle est quasiment toujours souriante, pleine de vie et d'énergie. Elle est tellement heureuse qu'elle pourrait passer pour une "idiote". Tout, ou presque la fait rire , ou sourire. Poppy n'a absolument aucun esprit de sérieux.
Le premier réflexe d'un occidental face à un tel personnage est d'être très agacé. D'ailleurs, certains amis (des femmes surtout) m'ont dit qu'au bout d'un moment que Poppy leur tapait sur le "système". Et d'autres, n'adhèrent pas au film parce qu'ils ne peuvent croire qu'une personne aussi heureuse puisse exister. Enfin je suppose que nombreux sont ceux qui pensent que cette joie de vivre dans un monde pareil, est une forme de naïveté, d'inconscience et d'irresponsabilité.

Le film nous dit au contraire que Poppy est réellement plus forte que ceux qui voient le monde avec des lunettes sombres. Même quand elle se fait agresser, elle parvient à neutraliser l'énergie de l'agresseur. La haine glisse sur elle. Son attitude m'a fait penser au fameux: "Tend l'autre joue" de mon pote Jésus.(Il est important d'être ami avec les prophètes). Ne pas répondre à l'agression par l'agression permet de stopper le cycle infernal de la haine. Et c'est ce que fait Poppy durant tout le film, sauf lorsqu'elle est agressée physiquement.

Pourquoi Poppy m'a-t-elle fait un tel effet?
Rien de sexuel dans cette attirance. Poppy fait du bien aux gens autour d'elle dans le film, mais aussi- et c'est cela le plus incroyable- elle fait du bien aux spectateurs. Assis dans mon fauteuil, je me suis pris de plein fouet sa bonne énergie, et suis reparti rechargé, rempli, et plus aimant dans la vie réelle.

Après ce film j'ai pensé au rapport entre le virtuel et le réel. Poppy n'existe pas. C'est une personnage de fiction. Elle est "virtuelle". Bien entendu, elle est servie magistralement par une actrice éblouissante. Il y a de la chair et du sang derrière ce personnage. Mais le fait est que j'ai reçu de l'amour de la part d'un personnage qui n'existe pas dans le réel. Et comme elle m'a fait du bien, j'ai eu des sentiments réels pour elle.
Cela m'a fait réaliser que le monde dit"virtuel" n'a de virtuel que son enveloppe. C'est un écran. Un écran où s'échangent continuellement des affects, des idées, et des sentiments. Dès qu'il y a de l'humain quelque part, même s'il est caché derrière un personnage de fiction, un avatar, une oeuvre, ou même un robot, il y a une communication possible. Peu importe le média utilisé. Peu importe aussi s'il se passe dans un monde synthétique ou un monde "naturel". L'échange a lieu et c'est cela qui compte.


Quand cet échange de "fluides" a lieu, les frontières entre le réel et le virtuel, entre la réalité et la fiction s'abolissent d'elles-mêmes. Nous nous enrichissons simplement de la présence de l'autre.
C'est très simple. Archi-simple. Trop simple pour être compris?

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mardi 19 août 2008

Second Life: Une première fois

Je relaie cette information lue sur wired et aussi ici et là parce que je la trouve super.
Pour la première fois, un artiste virtuel, Von Johin, vient d'être signé par une maison de disque, Reality Entertainment.

J'aime beaucoup les "premières fois" et celle-ci me fait rêver.
Un avatar peut faire vibrer d'autres avatars à travers son art et en vivre. Cool non?
Cela justifie concrètement sa vie virtuelle. Cela le rend tout à coup plus réel. C'est un des effets bénéfiques de l'argent. C'est du "concret". Cela donne une légitimité. Un avatar qui gagne sa vie, n'a plus à se justifier d'être un avatar.

Comment a fait Von Johin pour y aller, jouer, chanter, sans se poser de questions?

En ce qui me concerne, j'ai encore trop mauvaise conscience à construire une partie de ma vie sur SL.
Peut-être que cette mauvais conscience n'est qu'un prétexte pour ne rien faire sur SL.
Peut-être que SL, ce miroir de mes désirs, me reflète que j'ai simplement mauvaise conscience dès qu'il s'agit de faire ce que j'aime.
Je me réjouis pour Von Johin. ça doit être un sacré trip d'être un artiste virtuel. Et qui en plus gagne sa vie. (Je n'ai pas les montants)
Bravo à lui.
Et merci pour avoir momentanément replacé "le miroir SL " devant mes yeux...


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samedi 26 juillet 2008

Second Life: Je suis toujours vivant



Très longue pause. La plus longue peut-être. Difficile de revenir. Moins on y va et moins on y va.
Pas seulement un problème de temps. Surtout de disponibilité d'esprit. SL reste dans mon coeur. Malgré son absence. Il suffit de peu pour redéclencher le désir.
Je reste confiant.




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samedi 24 mai 2008

Second Life: " Un monde anecdotique"



Une bonne amie RL, qui ne fréquente pas SL, était contente de voir que je me recentrais sur mes projets RL.
Elle m'a avoué, avec gentillesse et sans agressivité particulière, qu'elle trouvait que "je me perdais avec SL". Que ce monde et les projets que je voulais y réaliser avaient tendance à me dévier de mes projets RL.

Sa remarque est légitime et pragmatique. Accomplir des projets sur SL, y consacrer du temps ne permet pas de retirer autant de bénéfices et de reconnaissance qu'un projet dans le monde tangible. Pour elle, entre deux projets, l'un RL et l'autre SL, il n'y a pas à hésiter.

Il est évident que la réussite dans un monde comme Second Life n'est reconnue que par ceux qui y résident ou qui s'y intéressent, c’est-à-dire une minorité de gens. Les projets SL eux restent cantonnés dans un monde synthétique et ont peu de chance à ce jour de passer de l'autre côté de la "membrane".

De plus, à ce jour seule une minorité de résidents gagne leur vie sur SL. Et vu ce que je veux faire sur SL,( j'en parlerai lorsque cela sera fait) je ne risque pas de rivaliser avec Anshe Chung la première millionnaire de SL (et sexy en plus).

Copyright Anshe Chung

Pour des yeux profanes, ce monde a quelque chose de franchement anecdotique. D'abord la plupart le considère encore comme un jeu (bien que l'idée qu'il soit un univers à part entière commence à faire son chemin.) Et puis, même lorsque SL est considéré comme un univers, la plupart du temps, il est diabolisé ou minimisé. Rarement apprécié à sa juste valeur.

Soyons honnête. Bien que j'y ai vécu des choses absolument extra-ordinaires, que j'ai pu prendre un plaisir fou à y passer du temps, il m'est arrivé moi-même de minimiser l'importance de Second Life.
Pourquoi, moi, un défenseur de SL, j'ai pu penser par moments que SL était un monde secondaire?
Cela tient essentiellement au fait que je sois aussi un être humain et pas seulement un avatar.


Que pense l'être humain en moi?
Comme tous les autres êtres humains, je peux vivre sans Second Life. Je respire, je mange, je travaille dans la RL. Il y a des périodes où je ne vais pas sur SL, par manque de disponibilité, de temps ou même d'envie. Pour moi comme pour de nombreux êtres humains,Second Life est un monde facultatif et non pas aussi "essentiel" que le monde tangible.

Le fait que je minimise SL a aussi une autre origine. Comme tout être humain j'ai besoin de sentir que ce que je fais est valorisé et apprécié par les autres. Cela m'encourage à continuer. Cela donne une légitimité à mes actions. Or qui valorise les créations sur SL à part les avatars? N'apparaissent-elles pas comme absolument futiles voire inutiles ou absurdes à la plupart des êtres humains?

Pour la plupart des gens, le temps passé sur SL et l'énergie qui y est dépensée ne débouche sur rien de concret. Comment un avatar peut-il bien se sentir dans ses baskets lorsque la plupart des êtres humains pense qu'il perd son temps à s'intéresser à un monde synthétique? N'ayant aucune reconnaissance de la part des personnes qui vivent comme lui dans le monde tangible , il peut finir par se dire qu'il a des lubies, un grain de folie que seuls quelques personnes peuvent comprendre.


En fait cette minimisation, ce rejet de SL, vient d'un conflit récurrent: Je me sens constamment déchiré entre deux mondes parce que j'appartiens à deux mondes. Et comme la plupart des avatars de ma "génération", ma difficulté est bien de résoudre la fameuse question: "comment parvenir à concilier ma Real Life avec Second Life?"
Oui, comment partager intelligemment et harmonieusement mon temps et mon énergie entre ces deux univers, ces deux plateformes de jeu que sont la RL et SL? Comment concilier l'être humain et l'avatar?

Désolé mais je n'ai pas la réponse. Peut-être que l'être humain en moi arrêtera de minimiser sa vie virtuelle lorsque Second Life ou d'autres mondes virtuels équivalents seront pris au sérieux.Il faudra sans doute de longues années. Car il n'est pas évident pour les êtres humains que nous sommes d'accepter sereinement l'émergence d'un univers non plus organique, mais créé par la technologie.
Toute révolution ne peut être digérée et comprise sur le moment.
Alors, en attendant que cela arrive, comment réussir cet équilibre entre ma vie d'être humain et ma vie d'avatar?

Une de mes amies SL m'a peut-être donné la réponse alors que je lui disais souffrir du manque de reconnaissance de ce monde.
Elle me dit très simplement: "Moi quand je viens ici, j'ai plein d'amis. Je suis comme à la maison. Cela me suffit."

Elle se fichait apparemment de la reconnaissance de ce monde. Pour elle,l'amour ou de l'amitié de quelques-uns suffisait à donner un sens à sa vie virtuelle.

J'aimerai avoir cette simplicité. Faire uniquement ce qui me fait plaisir.
Aller sur SL sans compter mon temps, y faire les projets qui me tiennent à coeur et ne pas accorder la priorité à la RL.

Voilà vraiment ce que pense l'avatar en moi. Il lui manque juste de se mettre d'accord avec l'être humain...

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vendredi 7 mars 2008

Second Life: Un village mondial


La première fois qu'un chanteur sur scène m'a dit "Hy Myster, or Maïster?" pour me remercier d'être présent à son concert, cela m'a fait un effet " Silien". Ce fameux "truc" qui me met dedans instantanément et qui crée une sensation intérieure inédite et surréaliste. C'est un plaisir fou d'entendre son pronom prononcé (ou chatté) par un inconnu sans avoir eu à se présenter.(D'ailleurs, prononcer "Maïster"). A chaque fois je me sens exister puissance dix.
C'est tellement évident que je n'y avais pas pensé avant. Ce qui favorise la rencontre n'est pas seulement l'anonymat. Mais aussi le fait de pouvoir connaître immédiatement l'identité virtuelle de chaque avatar. C'est une différence notable avec la real life. Ici, dès le premier regard, l'anonyme n'est déjà plus un anonyme. Il existe un peu plus. Il n'est pas un "étranger", mais bien une sorte de "frère"...


D'ailleurs, la plupart du temps, l'on entre dans la vie de gens qu'on ne connaît pas. On fume une chicha avec eux alors qu'une minute auparavant on ne savait même pas qu'ils existaient.

La parole est libérée. Pas besoin de présentation. Pas besoin de briser la glace. En quelques clics on a...

...philosophé avec des inconnus...



...fait l'amour à une inconnue...( N.B: ce n'est pas moi sur la photo...)



...refait le monde avec des inconnus...

Comme si nous faisions partie de la même famille et que nous pouvions enfin le vivre et l'exprimer. Ici, comme me le faisait remarquer une amie sur SL, les relations sont construites sur la communication.
Moments bénis où nous pouvons sentir affleurer cette fraternité trop souvent refoulée dans la real life.
Nous sommes en effet beaucoup plus proches des autres que nous avons tendance à le penser. Et ce petit village nous permet, à notre insu, de l'expérimenter.


Faut-il passer par le virtuel pour réapprendre la fraternité?
Pas seulement. Mais pourquoi s'en priver, si cela permet à l'être humain de grandir?

Ce petit village mondial disparaîtra peut-être un jour, ou évoluera différemment. J'essayerai alors de me souvenir de cette sensation de me sentir bien avec les autres, de ces échanges, et de la joie qu'elle procurait...

vendredi 1 février 2008

Second Life: Un véritable voyage


Au début de ma vie virtuelle, je me demandais pourquoi je me sentais enrichi du simple fait de voyager dans un monde virtuel.
Comme beaucoup d'avatars, je sentais bien qu'il y avait quelque chose de spécifique à ce type de voyage sans que je puisse le cerner totalement. Aller sur Second Life est une expérience intime, profonde, nuancée. De même que la vie "réelle", elle contient aussi sa part de mystère.

Par chance je suis tombé sur Marcel Proust. Pas sur lui en chair et en os, je ne suis pas encore totalement délirant, mais sur une citation faite par lui dans "A la Recherche du Temps Perdu":

"Le seul véritable voyage, ce ne serait pas d'aller vers de nouveaux paysages, mais d'avoir d'autres yeux".

Cela m'a fait "tilt". Si les expéditions dans le monde virtuel me procurent cette joie si particulière c'est parce qu'elles me donnent d'autres yeux. La plupart du temps, quand je reviens dans le monde « tangible », mon regard a changé. Il s'est décalé. L'effet est assez fort pour que je me penche de nouveau sur la question.
Comment l'expérience du virtuel peut elle transformer notre regard? Et donc notre vie?



1) L'expérience du virtuel ou la connaissance de soi.

En explorant cet univers dans une autre enveloppe que mon corps réel, dans un autre personnage que ma "personne réelle », vont s'éveiller des facettes de moi-même impossible à voir ou à révéler dans le monde tangible.

Le monde virtuel agit alors comme un révélateur de notre essence profonde, qui est véritablement multiple et diverse. Il enrichit notre personnalité en nous permettant de découvrir ces nouvelles facettes. C'est une forme de "renaissance". Pour de nombreux avatars d'ailleurs, l'occasion d'un nouveau départ. ( Nouveau métier, nouveaux comportements, nouvelles préoccupations, etc.)

D’une manière générale, sortir de son conditionnement (sexe, âge, condition sociale, ou même passer de l'homme à l'animal) pour vivre dans une autre "enveloppe" est non pas une fuite, mais une porte ouverte vers la connaissance de soi et des autres.
C’est ce que vivent les comédiens lorsqu’ils jouent un rôle. En habitant momentanément des « ego imaginaires » que sont les personnages, ils vont explorer sans risque ou presque, les recoins profonds et inconnus de leur personnalité.


Il y a là matière à se réjouir. Nous sommes beaucoup plus multiples et inconnus à nous-mêmes que nous le pensions!
Peu de gens comprennent l'intérêt de ces masques. Ils nous permettent pourtant d'accéder à une plus grande liberté et à élargir notre vision du réel. (voir à ce propos cet article sur l'identité virtuelle)

2) Second Life : un voyage de l'esprit.




Lorsque je vais sur SL, de même que lorsque je regarde un film, mon esprit voyage alors que mon corps ne bouge pas (ou presque). Que se passe-t-il pendant ce voyage?

Mon esprit coupe avec le réel "matériel" pour aller dans un autre réel. Un réel plus fluide, débarrassé de certaines contraintes physiques, mais un réel tout de même.
Sur SL, je me confronte aux autres, à la rencontre, au bon et au mauvais de chacun, à la jalousie, l'amour, l'amitié, la réussite etc. Les entreprises, elles, se confrontent à la concurrence, au choix d'une stratégie plutôt qu'une autre à des candidats qu’elles engagent. Second Life est une société à part entière et même si ce réel est généralement "fun", il peut être dans certains cas dramatique voire tragique. On y prend des risques financiers, amoureux, artistiques.

Pendant ce voyage, bien entendu, mes fonctions vitales restent "basées" dans le premier réel. Mais pendant un moment, mon esprit vit véritablement autant de choses que si je vivais dans le monde réel. Après une incursion dans le virtuel je ressens très nettement que j'ai vécu "autre chose" "ailleurs".

Lorsque je reviens dans la vie matérielle, ce voyage m'a donné du recul sur ma propre vie. Une sorte de distance bienfaitrice. Comme un cosmonaute qui a eu la chance de vivre un moment dans d'autres conditions spatio-temporelles. Pour certains c'est une expérience spirituelle tellement forte qu'elle génère à leur retour une autre façon de vivre. Voyager dans le virtuel, sortir sa vie et de son conditionnement est une manière de s'éloigner de ses automatismes et du mouvement incessant de la vie. C'est clairement une façon de se régénérer. À l’issue de cette expérience, il m'est apparu clairement que l'esprit peut se passer du corps pour mener sa vie et s'enrichir. Il a une vie à part entière.

3) Réveiller notre âme d'enfant


Un avatar "robot-pieuvre"

Aller sur SL est comme on dit, "fun". C'est comme si l'on redécouvrait que la vie pouvait être drôle. Jouer à dîner, à s'allonger sur une plage, ou encore à se faire croire qu'on est un robot-pieuvre, nous remet immédiatement en contact avec la dimension ludique et poétique de la vie. Une dimension que nous avons tendance à oublier. Ne dit-on pas dans la Kabbale que le monde est "d'essence poétique"?
En réactivant notre imaginaire et notre fantaisie nous redonnons à la réalité sa juste dimension. Je crois même que lorsque l'imaginaire est en marche, c'est un véritable accomplissement pour notre cerveau. Il se remet à vivre à sa pleine capacité. Il retrouve son élan initial. Il s'anime et nous fait voir la vie sous un autre jour. J'ai envie de dire, sous son vrai jour.

Agir dans un monde qu'on imagine en partie nous fait retrouver ce qu'on appelle "notre âme d'enfant". Il s'agit ici non pas de naïveté ou d'infantilité, mais de retrouver notre esprit de découverte, notre innocence, notre joie de vivre. Celle que nous avions naturellement lorsque nous étions de "petits enfants."

Ce processus est fondamental. Réactiver ce réservoir puissant contenu dans notre enfance redonne à la vie une saveur, une couleur que nous aurions pu croire disparue.
La vie est sans doute un chant, mais qui, à part les enfants, les artistes et les Sages, le ressent au plus profond? Citons un grand prophète, un grand poète, que tout le monde connaît et qui disait à propos des enfants:
"Le Royaume des Cieux est pour ceux qui leur ressemblent..."

Jésus (Matthieu 19;14).


4) Le virtuel ou l'effet miroir

Un des effets que de nombreux avatars vivent après leurs premières incursions dans le virtuel est ce que j'ai appelé: "l'effet miroir".
Tout à coup on se met à voir le monde réel par rapport au monde virtuel. Les humains ressemblent aux avatars, les immeubles de la vie réelle nous font penser aux immeubles du virtuel. Comme si les deux mondes se superposaient dans notre esprit. Cet effet n'est pas un délire. Il est révélateur du fait que les deux univers cohabitent à l'intérieur de nous. Ils peuvent être comparés, ils peuvent se compléter et ils ne sont évidemment pas étanches. Edward Castranova avait parlé de "porosité" entre le virtuel et le réel. Non seulement l'homme peut passer à tout moment du monde "réel" à un monde "synthétique". Mais en plus il intègre les expériences vécues dans un monde pour les appliquer dans l'autre.

L'idée est sans doute troublante mais depuis SL, le monde "réel" n'est plus la seule référence.(Ce qui n'empêche pas de reconnaître l'absolue beauté du Cosmos, sa dimension mystérieuse et sacrée). Les mondes virtuels nous contraignent donc à réenvisager notre réel et à le requestionner.


5) Le virtuel ou la naissance de nouvelles problématiques humaines


(Je ne traiterai pas ici les problématiques concernant l'amour et la sexualité des avatars qui mériteraient à elles seules, un article entier.)
Vivre dans le virtuel nous pose des questions. De même que pour la vie réelle, je ne peux avoir de certitude absolue. Elle nous pose par exemple des questions identitaires. "Qu'est-ce que l'avatar? Un autre"moi" plongé dans un autre contexte? "

Des questions philosophiques. "Le Réel n'est-il qu'à l'intérieur de moi? Quelle est la valeur du vécu "virtuel"?

Des questions éthiques: "Comment vivre en harmonie dans deux univers différents? Quelles sont les conséquences sur nos vies réelles de nos actions dans le virtuel?"

Ou même des questions métaphysiques. " Toute Créature a-t-elle un Créateur? L'avatar intelligent finira-t-il par penser par lui-même et se révolter contre son Créateur? N'est-ce pas finalement l'histoire de l'homme qui se répète? "


Le voyage dans le virtuel me donne aussi d'autres yeux parce qu'il me questionne sans cesse. Il m'apprend sans doute à mieux vivre et à m'améliorer. Par différents aspects, il est "initiatique". C'est aussi pour cette raison qu'il se heurte à autant d'incompréhension.


À mon humble avis c'est faire preuve d'ignorance et de peur que de réduire la plongée dans le virtuel comme cela est dit souvent, à une fuite pathologique du réel.
Les résidents de Second Life ne sont pas nécessairement des malades mentaux à enfermer très vite, des frustrés du sexe, des gens "seuls et malheureux dans leur pauvre petite vie", des complexés par leur physique nécessairement ingrat, des timides maladifs, des gens perdus qui recherchent un paradis artificiel gratuit et sans risque...


Les explorateurs du virtuel sont à mon avis, tout aussi amoureux de la vie réelle que les autres, ils sont tout aussi sensibles à la présence humaine, à la beauté de la nature, à l'art, bref ils sont tout aussi "normaux" et humains que ceux qui préfèrent regarder la télé....



Cette expérience de vie peut, si nous le souhaitons, nous apprendre sur la Vie.




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samedi 5 janvier 2008

Second Life: Swing Swing Story/Ep n°4



Episode 4: " Des étoiles plein les yeux"...


Nous nous sommes éloignés de la piscine, pour nous rapprocher de la plage. Celle-ci était très différente que celle que j'avais visitée quelque temps auparavant. Il n'y avait plus aucun surf à l'horizon.


Moi: Ils ont tout enlevé j'ai l'impression...

Loulou: Oui, tout bouge ici. Souvent je me trouve dans des endroits que je crois connaître, mais impossible de les reconnaître. C'est troublant.

Moi: En fait les créateurs ne s'arrêtent jamais de créer! Le décor change tout le temps...

Nous nous sommes abrités dans une petite cabane qui donnait sur la mer.

Moi: Tu ne veux pas t'asseoir à côté de moi et regarder le paysage?



Loulou: Parle-moi un peu, j'ai beaucoup parlé ce soir j'ai l'impression, non?

Moi: Tu m'as surtout engueulé!




Loulou: Tu me racontes une histoire ?

Moi: Ok, je peux te raconter l'histoire de Second Life telle que je la vois...

Loulou: D'accord!



Moi: Au départ, Philip Linden, Dieu en quelque sorte, a eu le désir de créer un monde virtuel pour réunir des gens du monde entier. Il tenait à ce que les futurs résidents créent leur propre monde. Lui se contenterait de créer le logiciel.
Les gens ont commencé à affluer de partout et ils ont créé leur univers selon leur imagination, ils l'ont aménagé et ils l'ont colonisé. Parmi eux, il y avait des créateurs, des organisations humanitaires, des universités, des grandes sociétés, des banques, des commerces, bref de quoi faire tout un monde.


Une sorte de nouvelle planète a émergé d'un monde synthétique. On comprit rapidement, contrairement aux idées reçues, que le virtuel n'était pas ce que l'on croyait...


Loulou: Tu veux dire? Quelque chose de froid et d'inhumain?

Moi: Exactement. Ce monde, même s'il passait par une représentation en 3D était fait par des hommes, pour les hommes. Pour la première fois depuis l'histoire de l'humanité, il était désormais possible de vivre dans un autre univers. Un univers immatériel, mais néanmoins "persistant" et bien réel. Un univers sans règle du jeu définie à l'avance, comme dans la vie matérielle. Un univers où l'on pouvait travailler, gagner sa vie, aimer, avoir de la sexualité, construire et réaliser des projets. A part les fonctions vitales, tout ce que l'homme faisait dans l'univers matériel était possible dans cet univers.
Je continue? Tu me dis quand t'en peux plus...

Il faut laisser aux autres le temps de la digestion.

Loulou: Après on fera du romantisme?


C'est la première fois que Loulou me demandait une chose pareille, aussi directement. Depuis que nous nous connaissions, j'avais laissé traîner en longueur notre début d'histoire par mes gaffes et mes maladresses. Il n'était pas question de laisser passer cette perche.

Nous nous sommes téléportés dans un lieu construit pour les couples. Mais là aussi, tout avait changé.

Moi : Zut, J'ai l'impression que ça a été racheté!!

Loulou: C'est comme les vieux quartiers qui disparaissent... c'est triste.

Moi: Peut-être que le lieu ne rapportait pas assez à son propriétaire...

Loulou: Je t'amène faire un petit tour de train rouge ?

Moi: C'est romantique?

Loulou: Oui. Tiens, la dernière fois le conducteur était un furry, je viens de réaliser!!!

copyright Loulou Poplin


J'ai eu peur quand elle m'a dit ça. Peur sans doute de l'animalité que les furries nous renvoient. Bien entendu cela ne reposait sur rien de réel les concernant. Je me suis raisonné le temps de comprendre qu'il s'agissait juste d'une peur archaïque de "l'animal” , qui est pourtant en nous. J'ai tout de même eu honte après coup.
Je compris à ce moment-là que dans le monde virtuel, les furries , par leur différence apparente seraient des victimes de la bêtise, de l'intolérance et de l'ignorance. Cela a déjà commencé. Cette pensée m'a attristé. Comme l'a dit Brecht, "le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête immonde..."


Nous sommes finalement allés dans ce lieu romantique les jardins d'Appolo, et qui heureusement n'avait pas disparu. Bonne musique, beau décor, bonnes animations.


Cela m'a fait plaisir de danser une salsa avec Loulou. Voir nos avatars faire des gestes que nous ne saurions faire dans la réalité. Sentiment agréable d'accéder à des possibilités physiques interdites jusque là. Impression de légèreté, de pouvoir dépasser nos limites.

Nous sommes passés naturellement au slow.
Puis pris par la danse, nous nous sommes dit des mots doux à l'oreille.
Nous avions oublié de nous mettre en conversation privée.

Un avatar: Eh les amoureux, en IM please!!!

Amoureux? Mon avatar était-il amoureux? Depuis quand?

Bien sûr, je tenais Loulou dans mes bras et nous bougions de façon synchronisée, comme dans un rêve. Bien sûr les mots prononcés prêtaient à confusion...



Mais était-ce un jeu ou la réalité?



Un jeu de l'esprit? Pour l'esprit?

Comme des milliers d'autres avatars, je me retrouvais confronté à ces questions auxquelles je ne peux répondre définitivement, même si je le souhaitais vraiment.
Comme si la vie virtuelle allait rester pour moi, de même que la vie tangible, un véritable mystère. Indéchiffrable. Comme si la vérité sur l'expérience du virtuel ne pouvait être atteinte définitivement, mais se dérobait au fur et à mesure que nous l'approchions...



Loulou touchait virtuellement ma nuque et elle sentait mon souffle chaud dans son cou.

Quelle était la valeur réelle de ce fantasme "vécu"? Mystère.




Nos corps bougeaient harmonieusement et nos coeurs se mirent à battre. Mon coeur? Celui de mon avatar?


Plus rien ne semblait exister dans ce moment. Seulement Loulou et moi.

Je suis retourné dans la vie tangible, des étoiles plein les yeux.
Des questions plein la tête.




Quelle place allait prendre cette expérience dans ma vie réelle?



Pour ceux qui sont intéressés par l'histoire de SL (fr)


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