Second Life préfigure le Web de demain. L'expérience vécue par les avatars est à ses débuts, mais est déjà riche d'enseignement. Sur ce blog vous pourrez lire toutes mes reflexions, expériences et impressions liées à la découverte de Second Life, les rencontres que j'y fait, et les histoires qui s'y passent...en un mot, ma vie d'avatar.
Je pensais que je serai le premier à l'annoncer mais ...c'est Daneel qui a dégainé le plus vite. (et je l'en remercie.) Dans le cadre de la manifestation " Empreintes Numériques" oragnisée à Toulouse, je fais ma première "Performance" en direct SL et RL
Ces différents rendez-vous seront pour moi l'occasion de vous parler de la vie sur SL.
« Lost in SL » « Voilà plus de deux ans, que j’arpente Second Life et bizarrement, je n’ai pas encore déconnecté de la réalité. Enfin c’est ce que je crois… Suis-je complètement « Lost in SL » ? J’ ai ressenti le besoin de faire le point sur mon humanité. De vous raconter ma vie virtuelle. Sexuelle. Philosophique. Métaphysique. De danser. De chanter. De partager. De rire avec vous. J’en profite. Il paraît que je suis encore en état de comprendre… »
Je flânais ce soir-là... je laisse un message à Ct qui était online. Elle ne me répond Pas. C'est courant sur SL, il ne faut vraiment pas s'en offusquer. Il y a tellement de choses à faire, d'endroits à découvrir. Les gens sont très occupés ici. Par ailleurs, on peut être online et simultanément faire quelque chose dans la RL. Pas grave. Je regarde alors la liste des lieux que j'ai dans mon inventaire. Mon intuition me dit d'aller à The Lost Garden of Apollo . J'écoute le plus souvent possible mon intuition. D'ailleurs j'ai fini par la localiser: juste en haut, au dessus de ma tête, à gauche. Elle a toujours raison. Je dis bien "toujours". Même quand elle me dit de prendre un chemin que je ne comprends pas ou de faire quelque chose qui n'est pas à priori" logique". Difficile à admettre. Alors en bon névrosé que je suis, il m'arrive d'agir contre elle. Pour me prouver que je peux agir par moi-même. Pure vanité. Je m'en mords toujours les doigts.
Cette fois-ci elle me proposait d'aller dans un lieu que je connaissais déjà . Cela m'a un peu surpris mais j'ai décidé de l'écouter. J'ai déjà parlé des jardins d'Apollo ici. C'est un magnifique endroit où j'ai déjà fait des rencontres intéressantes. Je m'y téléporte sans réfléchir et je me retrouve dans un endroit absolument désert. Seul. Sur la mini-carte il y a quelques avatars dans le coin. Impossible de m'y téléporter. La région est trop proche. Prenant mon courage à deux mains, et pensant à ce que m'a dit mon intuition, je décide de voler en suivant la flèche rouge. C'est apparemment le chemin que je dois prendre. J'arrive à Salsas y boléros, un très bel endroit, d'un romantisme très "Secondlifien". Quelques avatars, déjà en couple, dansent en plein air. Un vrai lieu pour les amoureux. Qu'est-ce que je fais là? C'est très beau, mais j'évite systématiquement d'aller seul dans ce type d'endroits. Les avatars s'y rendent en couple et en général si une avatar femelle est seule, soit son mâle va arriver d'une minute à l'autre, soit il vient de se "crasher". Près de moi, une jeune femme, Pétunia. Elle venait de se téléporter. Et elle était étonnamment seule. Je m'approche d'elle et je lui rentre dedans. Pas fait exprès. Mais ça tombait bien. Moi: Sorry. Je vous ai fait mal? Elle: Non. Pas de problème. Et vous, vous vous êtes fait mal? Moi: Non. J'ai l'habitude.
Je crois que ça l'a fait sourire. Après quelques mots échangés, nous dansons une salsa. C'est bien la salsa. C'est agréable de se voir assurer comme ça. Sur Second life, dès lors qu'il y a un certain respect, une cordialité, une gentillesse, les choses se font naturellement. Peu importe de se connaître à peine. Nous voulons expérimenter le virtuel, et jouer avec les possibilités qu'il propose. Même si Second Life est une ville mondiale, comme New York, il y a ici un côté "bon enfant" , quelque chose d’agréablement provincial, une ambiance de bal populaire. C'est très agréable à vivre.
Bien entendu, certaines avatars femelles vous expliquent qu'il n’en est pas toujours ainsi. L'une d'elles me racontait que certains avatars mâles, d’entrée de jeu, montrent leur pénis aux femelles ! Une autre m'expliquait que certains mâles se font passer pour une fille, et se métamorphosent quand l'approche est faite. Avis aux amateurs: il suffit de dire "bonjour, comment ça va?" pour passer pour un mec hors du commun. Elle: D'où tu viens? Moi: Euh, écoute... désolé je ne suis pas humain, je viens d'une autre planète. Je viens de Venus.
C'est désormais comme cela que je me protège, depuis ma récente prise de conscience. Je re-danse, ok, mais très soft. Pour moi, Second life n'est pas un "meetic.fr" en 3D. (Expression très juste lue sur le forum de jeuxonline.com)
A mon avis, il faut se méfier des sentiments qui naissent lors d'une rencontre agréable. C'est presque un réflexe organique. On ne peut pas vraiment s'y fier. Il faut savoir que lorsque nous sommes amoureux, notre cerveau secrète des substances qui agissent véritablement comme une drogue et qui annihile notre esprit critique. Dans l'état amoureux, l'autre est alors une projection de nos désirs et pas une personne réelle. Sur Second Life, les masques que nous portons donnent encore plus de chance à cette idéalisation. Il est très facile de tomber amoureux. C'est très grisant, enivrant, puissant, mais cela n'est pas de l'Amour, qui lui est un choix. Choix d'être responsable du bonheur de l'autre, d' apprendre à lui donner mieux, à tolérer ses limites, comme il tolère les nôtres. C'est moins "fun" dans doute. C'est une vraie quête personnelle. Un vrai travail sur soi. Un Art. Il est difficile d'Aimer vraiment.
Elle: Vous parlez français sur Vénus? Moi: Oui... les vénusiens sont romantiques. Ils cherchent à comprendre les femmes, à les connaître, à mieux les aimer. Elle: Ok. Très bien. Moi je viens de la Voie lactée.
Cela me fait très plaisir qu'elle accepte le jeu. C'est quand même plus tripant que: "je viens de Sarcelles et toi? de la banlieue nord de Toulouse"... Nous partons ensemble dans la Voie Lactée, entourés de dizaines de soleils, vivant au rythme de la journée vénusienne, affrontant la très rude température d' hiver, 45 degrés... Pendant notre slow, des phrases très sensuelles viennent interférer dans notre discussion.
Elle: C'est beau ce que tu dis.
C'était tout simplement un texte habilement programmé par le propriétaire du lieu. Ou bien était-ce son imagination? Elle m'a emmené sur une plage qu'elle connaissait Neva Naughty et nous sommes passés au baiser romantique. Pendant un long moment, elle ne répondait plus à mes questions.
Moi: Tu dors? Tu ne parles plus... Elle: Excuse-moi j'ai eu un coup de fil...on ira sur Vénus ensemble? Moi: Quand tu veux... Il ne s'est rien passé entre nous. On peut embrasser sans embrasser. C'est possible. Faut rester très calme. Mais c'est possible. Tout se passe dans notre tête...ou pas. Merci mon intuition pour ce vrai baiser de cinéma.
Pour les romantiques, un aperçu du moment que j'ai passé avec Pétunia, sur une très belle chanson d'Almo, "Daily Odyssey".
La décision de ne pas utiliser mes attributs a été lourde de conséquences.
Vous l'avez compris, j'adore ce monde. Depuis que j'y vais, ma vie réelle s’est enrichie. Pourquoi? Un des effets de Second life est de vous sortir de votre conditionnement. Cela ne peut que faire du bien. On est plus créatif, plus ouvert sans doute, et notre cerveau est content d’apprendre à vivre dans un nouveau monde.
Mais depuis cette récente prise de conscience, j'avoue avoir pensé que ce monde allait perdre momentanément de sa saveur. La saveur du jeu de la séduction. Des questions légèrement persécutrices me sont venues: Moi (1): Est-ce que ton moteur, sans que tu le saches consciemment, n’était pas justement, "la sexualité "? À prendre au sens large : Rencontre, séduction, jeu ? Etait-ce donc cela l'attrait pour Second Life? Moi (2): Pas seulement... Moi (1): Arrête, tu as passé ton temps à rencontrer des avatars femelles! Moi (2): C'était uniquement pour prendre le pouls de ce qui se passe ici! Moi (1): Tu en as d'autres comme ça? Moi (2): J'aime danser. Ok? j'ai toujours voulu être danseur, comme Andy Kaufman, "a song and a dance man". Quel mal à ça? Moi (1): Ok. Dis-moi ce que tu vas faire maintenant sur Second life? Quelle va être ton activité principale, si ce n'est plus jouer à rencontrer et séduire des avatares? Moi (2): Tu crois vraiment que je suis aussi limité que cela? Il y a des milliers de choses à faire ici! Moi (1): Quoi par exemple? Moi (2): De l'humanitaire, du tourisme, de la création... je sais pas! Moi (1): On en reparlera... Il est vrai que Second life est, par nature "érotique". D'abord, c'est un grand bal masqué, où participent des gens du monde entier (quoi de plus exotique?) et où même nos corps sont masqués. Cela laisse une très grande place pour le fantasme et l'imaginaire. Ensuite, l'état d’esprit de découverte perpétuelle qui y règne concourt à "l'érotisme ambiant." La plupart des avatars sont avides d’apprendre à effeuiller ce monde, sa technologie, pour en saisir le sens ou ses plaisirs. Comment évoluer dans ce monde sans être entraîné là où je ne souhaite pas aller ? Où mettre la barre en ce qui concerne les rencontres? Qu'est-ce qui est raisonnable? Dangereux? Inconsidéré? Jusqu'où il y a jeu de rôle? Au point où j'en suis, le mieux, c'est de ne rien faire du tout. Arrêter toute activité qui pourrait paraître séduisante ou attirante. Tout en continuant de m'amuser. Mettre sur mon profil: Please: no sex! Comme me l’a dit une amie avatar récemment, « c’est facile de dire oui au sexe, quand tu passes un vrai beau moment avec quelqu’un ». Rester zen et faire gaffe. Ce soir là, alors que j'errais après ces difficiles résolutions, Ct,qui était avec un ami à elle me propose de la rejoindre dans un Parc d'attractions français. Après tout, cela tombait bien, Ct m'avait confié qu’elle ne comprenait pas l’intérêt d’avoir des relations sexuelles virtuelles. Je pouvais la voir sans risque. C'était triste à pleurer.
Je repensais à mes slows langoureux, à toutes ses salsas endiablées où parfaitement synchronisés, nous dansions mes partenaires et moi, transformés en un seul clic, elle, en une sensuelle danseuse sud-américaine ou espagnole et moi en un véritable danseur professionnel habile et terriblement gracieux.
Quand le coeur n'y est pas, où que l'on se trouve, même dans un parc d'attractions, le monde peut être vraiment glauque. "Tu ne vois pas le monde tel qu'il est, tu vois le monde tel que tu es" dit le Sage. Arrive une jeune avatar. Nancy, une Française qui débarquait à peine sur SL. Étant donné la taille de ses "femelles attributs", je me tiens éloigné. J'essaye de détourner mon regard vers le bas.
Cela ne m'aide pas beaucoup. Heureusement pour moi, elle a l'air plus branchée par les fringues que par la discussion. Au bout d'un moment, nous nous perdons de vue. Je décide alors d'aller faire de la chute libre du chez Stan's parachuting skydiving, une adresse que m'avait donné Ct. Cela défoule et c'est plutôt drôle. Ayant réussi à me maîtriser avec Nancy, je contacte Kti, une Française qui était online. Nous avions à peine échangé, mais elle se souvenait de moi.
Après le saut, nous entamons une discussion. Je me tiens éloigné. Kti, très gentille avatare, aime les hommes sensibles, et me range dans cette catégorie. Cela me touche bien entendu, mais je m'arrange pour lui répondre que ce n'est pas si rare que cela, qu'il y a plein d'autres hommes sensibles.
Elle : D’où tu viens ? Moi : En fait, je viens d’une autre planète. De Vénus. Elle : C'est très rare de rencontrer un beau vénusien... Moi : Merci.
Je ne réagis pas. Je ne peux pas réagir. Je ne relance pas sur les compliments. Je sais que cela peut dégénérer. Elle : J’aimerai bien être une vénusienne…
Je ne peux pas reprendre cette perche. Mon cerveau rationnel est en pleine action. Ne pas me laisser prendre par le jeu. Ne pas lui dire : ça te dirait qu’on danse un slow ? ou bien : j’aime bien tes lunettes. Tout retenir. Je lui pose des questions sur elle, ça peut être un moyen d'éviter le pire. Kti m'apprend qu'elle a deux avatars. Son autre avatar est en couple, et elle, Kti, est célibataire. L'avatar mâle qui est en couple avec son autre avatar ne sait pas qu'elle a un autre avatar qui vit sa vie! Elle peut simultanément vivre deux vies: une vie de couple et une vie de célibataire. Je l'envie de pouvoir vivre deux vies sans complexe et sans se prendre la tête comme je le fais. Alors que la discussion ne s'enflamme pas à cause de mon manque de réaction, j'observe la douce et gentille approche de Kti et je comprends qu’il suffit de très peu pour avoir des sentiments sur Second life. Il y a une raison simple à cela : Il n’y a rien de plus facile que de tomber amoureux d’une image. On ne connaît pas l'autre tel qu'il est vraiment, et le fantasme peut agir en toute liberté. C'est un des piège du sentiment amoureux: il est très fort et s'appuie très souvent sur une illusion...créatrice. Kti et moi nous nous quittons, sans que la situation ne dégénère.
Je vais faire en sorte que le parc d'attractions redevienne joyeux.
Voici un rapide aperçu de ce que j'ai vécu. Glauque non?
Cet article contient des images et des mots qui peuvent choquer. Si vous avez moins de 18 ans, vous êtes prié de quitter immédiatement ce site. Merci.
L'autre soir, je revois L., qui d'ailleurs se définit plus comme une fille curieuse que sérieuse. Tant mieux. J’aime la saine curiosité. La soirée s’annonçait plutôt bien. Je l’ai emmenée au Jad's Jazz Lounge, une boîte de jazz très sympa, nichée dans des hauteurs incertaines et inspiratrices. Seul problème : j’ai buggué comme un malade. J'ai passé mon temps à me reconnecter. Le bug ou le « crash » sur SL joue un peu le rôle de la sonnerie de téléphone dans la Real Life: ça casse très vite l'ambiance, voire, ça vous tue votre soirée. Le Jad’s Jazz a le problème des lieux trop fréquentés. Aux heures d’affluences, le « lag » (décalage) est trop important et il devient difficile de faire des choses aussi simples que danser un slow ou faire trois mètres sans patiner. Mais écouter du jazz, même lorsqu'il y a trop de lag, me fait décoller... Avec L. nous avons galéré une bonne demi-heure à essayer de danser un slow. Soit l’animation ne fonctionnait pas, soit nous étions totalement désynchronisés dans nos mouvements. Pas très favorable au jeu de la séduction. Assez exaspéré pas nos échecs successifs, j'ai eu l'idée d'aller dans un endroit plus isolé de la boîte. C'était idéal. Les boules de slow fonctionnaient parfaitement et il n'y avait personne pour nous déranger. Nous pouvions enfin commencer notre soirée. Bug de ma part. Je reviens.
Autre bug. Je présente mes excuses. Et ainsi de suite, pendant une bonne demi-heure. Avec un train de retard, j'ai fini par comprendre que le bug était dû aux photos que je prenais. Je me reconnecte à vitesse grand V, heureux d'avoir trouvé d'où venait le problème. L. n'étais plus là. Partie. Mes bugs avaient dû la faire fuir.
Elle: On recommence? Moi: Tu es là? Elle: Oui, tu ne me vois pas?
Très difficile de voir une femme invisible. C'était tout simplement le nouveau bug de la soirée qui venait de faire son apparition. L. me voyait, mais moi je ne la voyais plus. Simple comme soirée. Nous nous sommes quand même replacés sur l'animation. C'était mieux que rien.
Elle: J'aime tes caresses.
Gros effort d'imagination de ma part. J'ai caressé du vide pendant un quart d’heure. La soirée s'est terminée par un gros bug de sa part à elle. Dans ces cas, là, il vaut mieux ne pas insister. Le Dieu de Second Life ne voulait pas que nous terminions la soirée ensemble. Il a sans doute ses raisons.
Le lendemain matin, je décide d'aller acheter des animations pour couples. Sans doute un désir d'indépendance soudain par rapport aux scripts proposés dans certains endroits. Je n'aime pas particulièrement faire les courses, mais j'avais entendu parler d'un petit programme qui permet de se prendre par la main. Je trouvais cela romantique. Je me rends à Animation Warehouse. une adresse que j'avais trouvée sur le forum SL de jeuxonline.com. On y trouve une mine d’infos si l'on veut bien y prendre du temps. Les boutiques sont étonnantes sur SL. Très vastes. Cela surprend au premier abord. Il faut vraiment beaucoup marcher pour y trouver ce que l'on veut. Je suppose que c'est dû à la place que doit prendre le stockage des scripts. Chez Animation Warehouse, on vend "tout ce que vous avez toujours voulu imaginer pour votre avatar, sans jamais avoir osé y penser"... Cela va du simple "premier baiser"... ....aux positions diverses et variées, que l'on peut tester, seul, ou en couple. Etonnant.
L'un des moteurs (conscient ou inconscient) de Second Life c'est sans doute la possibilité de vivre des expériences sexuelles virtuelles inédites. Sans oublier l'amour virtuel, qui est bel et bien présent. La facilité des rencontres, l'absence de peur liée à l'absence du corps, l'exacerbation de l'imaginaire par le fait d'être "caché" derrière son avatar, comme dans un grand bal masqué, sont des ingrédients qui favorisent la sexualité. C'est un nouveau territoire sexuel, et il est tout à fait normal et logique que l'être humain s'y intéresse. Bien entendu, l'intérêt de Second Life ne se limite pas à cela. On peut y faire mille choses. Cela a été dit mille fois. Il suffit d'aller sur le site de Second Life pour s'en rendre compte. Alors que je fais quelques achats, je me remets à penser à mes "mâles attributs" que je n'ai toujours pas. C'est L. qui m'avait demandé si j'en avais alors que je ne savais même pas que cela existait. Je me téléporte dans la seconde dans une autre boutique à Av Puli
Autre genre. On y trouve de tout: des yeux, des tatouages, des peaux pour le visage, ou pour le corps. L'air de rien, c'est essentiel. Si l'on n’a pas beaucoup de définition, de détails, on existe moins. Et nous voulons tous exister le plus possible. Qui dit peau neuve achetée en boutique, dit beaucoup plus de détails. Qui dit plus de détails, dit moins flou. Plus beau. Plus "vrai". Plus "ancien avatar". Bref, mieux. Et puis il faut comprendre la logique qui y préside: Plus nous nous rapprochons du réel plus notre avatar paraît vrai et plus la différence entre le réel et le virtuel s'estompe. C'est cela qui impressionne. Je ne trouvais pas mes attributs. Dans le magasin, je croise un avatar. Je me lance
Moi: Excuse-moi, je cherche des mâles attributs, est-ce que je peux trouver ça ici? Lui: Je suppose. Ils sont tous très moches. Moi: Je n'ai pas envie de porter des attributs moches. Lui: On dirait tous des attributs de singe. Moi: Ma copine ne va pas aimer que j'aie des attributs de singe... ok, merci, bon shopping.
Fin de la conversation surréaliste.
Alors, utiliser ou ne pas utiliser ses attributs? that is the question.
Lorsque j'ai commencé ce blog, je me posais des questions sans réponses. J'ai fini par répondre à l'une d'entre elles: Si un avatar couche avec un autre avatar est ce que c'est tromper la personne avec qui il vit dans la vie réelle? Ma réponse est oui. Cette bulle extraordinaire n'est qu'une extension de notre vie. Pas une autre vie. Fin d'un rêve de singe.
Je suis un résident de Second Life, mais aussi un être humain ( bien que je vive sur Venus). Je m’efforce d’apporter mes réflexions sur ce que vivent les avatars. Je ne m’assigne pas de limites en ce qui concerne la recherche de la Vérité sur les monde virtuels. D’une part, il y a encore de nombreux préjugés les concernant. D’autre part, toute vie, qu’elle se déroule dans un monde "tangible" ou "intangible", contient sa part de mystère.Et les mondes dit « virtuels » n’échappent pas à cette règle.
Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, il est possible de « vivre » dans deux univers différents. Cette vie « dédoublée » est sans doute un facteur d'évolution pour les êtres humains. Elle pose de nouvelles questions et crée pour l’être humain-avatar de nouvelles problématiques.
En racontant mes histoires virtuelles, j’essaye de faire avancer la réflexion sur ce mode de vie, ses joies, ses limites.
Même s'il est possible de lire ce blog dans le désordre, je vous suggère de le lire dans sa chronologie. Vous verrez comment l'expérience du virtuel transforme les avatars...et les êtres humains. Bonne lecture.