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dimanche 14 octobre 2007

Second Life: Swing Swing Story/Ep n°3




Résumé de l'épisode précédent:
Myster a passé une bonne partie de la soirée à caresser la chaussette de Loulou, qui lui a fait remarquer, au bout d'un moment, qu'il n'avait pas retiré ses gants. Myster s'est aussitôt culpabilisé. Mais Loulou ne lui en a pas tenu rigueur et la soirée s'est finalement terminée dans une ambiance romantique.



Épisode 3: "Le matelas pneumatique"

Je n'avais pas vu Loulou depuis une semaine...Elle me manquait pas mal. Et puis un soir, j'ai eu la chance de me connecter en même temps qu'elle.

IM de Loulou: Tu es où?
IM de Myster: Je suis à Bora Bora je regarde les vagues.
IM de Loulou: C'est joli?
IM de Myster: Oui, c'est bien, y a la mer, du sable, des palmiers ! ça te dit?

Ça lui disait. Je l'ai vue apparaître, toute blanche, dans le ciel. Elle s'est posée lentement, toujours avec son air un peu timide.
Loulou : Tu as bonne mine en tout cas, ça fait plaisir…
Moi : Oui j’ai un peu bronzé en t’attendant…


Moi : Tu es très belle ce soir...
Loulou: Merci, tu es à ton avantage toi aussi... ça te va bien ce hâle sur ton visage, ça fait ressortir tes yeux.
Les histoires, ça commence, qu'on le veuille ou non avec de l'attirance.

Il y avait un crabe qui n'arrêtait pas ses allées et venues près de nous.

Moi : T’as vu le crabe?
Loulou: Il a de grosses pinces quand même, fais attention à toi...
Moi: T'inquiète, je suis solide !!
Loulou: On dit ça on dit ça et hop on finit unijambiste !


Loulou: On peut se baigner dans les rouleaux tu crois ?
Moi : Pourquoi pas ?


Loulou : Je vais essayer, viens me chercher si je me noie…
Moi : Je suis là, n’aie pas peur !

Les vagues étaient plus violentes que je ne le pensais.

Moi: ça va? Pas trop mouillée?
Loulou : ça décoiffe !


Moi : C’est calme sous l’eau…
Loulou : Oui, c’est étrange de voir la surface de l’eau d’ici...
Moi : J’ai l’impression d’être un espion….

Des windsurfers allaient et venaient au-dessus de nos têtes.

Moi: T’as déjà fait du surf ?
Loulou : Non. Dans les sports nautiques je ne connais que le matelas pneumatique cocooning..et toi ?
Moi: J’ai juste fait du surf une fois, sur une autre plage très cool... Tu veux qu’on y aille ?

Nous nous sommes retrouvés à Phreak Isle.

Loulou: C’est un peu désert non ? C’est mon premier désert...
Moi: Attends on va bouger un peu....
Loulou: Ohohoh! Matelas pneumatiques ! C’est l’île de la tentation hihihi? T'as fait exprès?
Moi: Pure coïncidence Secondlifienne. Il y en a tellement que j'y fais même plus attention...


J'ai découvert à ma grande joie que les matelas pneumatiques exerçaient sur Loulou le même type de fascination que les balançoires...

Loulou: Le pouvoir des matelas pneumatiques dans ce monde est hallucinant... c'est vraiment indéfinissable je trouve...je ressens une espèce de sérénité "totale"...
Moi: Oui, on pourrait rester des heures comme ça...
D'ailleurs on y est resté un certain temps.


Loulou m'a fait une sorte de thèse improvisée sur le matelas.

Loulou: ...Détente ou délassement plutôt, oui, c’est peut-être le mot pour moi…plus aucune tension... tous les muscles sont relâchés... on se laisse aller totalement avec l’eau qui fait bouger ton corps au rythme des mouvements de la surface de l’eau, de l’eau, de l’eau... En fait c’est le principe du flottement qui transmet ce sentiment...

Ce qu'elle me disait me faisait un bien fou. Je me laissais bercer par ses paroles et je flottais à leur rythme.


Moi: Le flottement? Parle-moi encore du flottement...
Loulou: On est comme une partie de l’eau... on s'agrège... on ressent sa température... on en subit les "variations"... son rythme nous passe dans la peau... on est porté sans aucune contrainte corporelle... j’aime ça et d’ailleurs j’y vois un lien avec la balançoire…Tu dors ???!!!

Je ne dormais pas. Je flottais et j'étais bien. Je réalisais en cet instant que Second Life avait la faculté de nous faire redécouvrir la beauté du monde réel. Cela fait dans doute parti de ce que j'ai appelé: "l'effet miroir". Grâce à la plongée dans ce monde "synthétique", Loulou avait l'air de redécouvrir l'eau. Et moi aussi, à travers ses mots. Nous étions neufs. Nous ouvrions les yeux pour la première fois. Et le moment était intense.

Le monde virtuel agit comme un révélateur. On se met à penser ce qu'on n'a jamais pensé, à parler de choses dont on a jamais parlé. A faire ce que l'on n'a jamais fait. C'est pourquoi l'avatar, même s'il est une création, est à mon avis, un autre" moi". Un "moi" lié à cet univers. Une sorte de médium qui nous fait découvrir un nouveau territoire intérieur. Dans ces moments de découverte, l'aventure Second Life prend tout son sens.

On imagine les sensations. On ne les vit pas "physiquement". Ce surplus d'imaginaire sollicité pour percevoir ce monde lui donne une sorte de relief, de saveur particulièrement jouissive. Cette sensation trouble et enivrante de se sentir "bien" sur Second Life vient peut-être de cette façon de percevoir ce monde: nous l'imaginons tout en y vivant simultanément.


Moi: Merci pour ces mots, c’est vraiment…incroyablement bon. Tu as réussi à me faire aimer les matelas pneumatiques en deux secondes, comment tu fais ??
Loulou: Je te soupçonne de les avoir aimé avant !!!

Moi: Le matelas, tu aimes ça depuis longtemps?
Loulou: ça doit être une des premières choses que j'ai faite après ma naissance ici, dès que j'ai su utiliser les boules. La sensation est toujours au rendez-vous...

Moi: En tout cas je trouve ça cool que tu apprécies un truc aussi détendant.
Loulou: ça te surprend?

Moi: Oui un peu en fait, c'est un préjugé, je pensais pas que t'étais ce genre de fille...

Aïe. J'aurais mieux fait de retourner ma langue sept fois dans ma bouche avant de parler. Il ne faut jamais prétendre bien connaître un fille et l'enfermer dans un "genre".

Loulou: "Ce genre"? Tu veux dire, le genre qui apprécie de se détendre sur un matelas pneumatique?
Moi: Oui, c'est ça, c'est bête, je te voyais plus cérébrale, mais je préfère que tu sois la fille du pneumatique...
Là je me suis vraiment enfoncé.



J'ai attendu un très long moment la réponse de Loulou.

Loulou: Que les choses soient claires Myster, Loulou n'est pas "une", au sens d'une avatar bien campée sur une personnalité bien définie! Elle aime plein de choses qui peuvent se contredire les unes les autres... en deux mots, je peux être très cérébrale et aimer les matelas pneumatiques ou les ballades en carrosse!!!!!! ça ne te défrise pas, j'espère!

Je savais bien que derrière son apparence douce et timide se cachait un fort caractère. J'aurais dû m'abstenir de lui sortir ces inepties que je ne pensais même pas. Je ne sais vraiment pas ce qui m'a pris.

Moi: Excuse-moi, je ne voulais absolument pas te blesser.
Loulou: Tu ne me blesses pas du tout, je te dis ce que je pense, c'est tout.

J'ai essayé de me rattraper comme j'ai pu... mais j'ai eu du mal.

Moi: Bien évidemment, tu peux être les deux, cérébrale et adoratrice des matelas, c'est juste que, au premier abord on aurait plus parié sur le côté cérébral... et... euh... pour moi tu es avant tout une fille cool, je veux dire une fille intelligente et qui sait ce qu'elle veut...

Mouais, bof bof, mais elle a été indulgente.

Loulou: Excuse-moi d'avoir haussé le ton, je ne voulais pas. Et arrête de me faire rougir! Hihi!
Moi: Non excuse-moi moi...

Près de la piscine il y avait un groupe d'avatars qui traînaient dont un furry. Il fallait qu'on change un peu d'air.


J'ai commencé une discussion avec ce groupe. Je voulais savoir ce que cela faisait d'être un furry. C'est une jeune avatar sexy qui m'a répondu.
Alexia: Salut Myster. Ils sont en réunion. Ils ne peuvent pas parler pour le moment. Ils ne peuvent pas voir les autres chats.
Je commençais avec elle une discussion sur le physique des avatars.

IM de Myster à Loulou: Tu me dis quand tu t'ennuies et on ira surfer...
IM Loulou : Idem pour toi.
IM Myster: Ok my good friend.
IM Loulou : Good Friend? Ah bon...
IM Myster: Tu n’es pas ma good friend?
IM Loulou: Hihihi! ( la perfidie des femmes)
IM Myster: Ok. "My love" !
IM Loulou: My love? Hihihi, tu vas bien vite en besogne! Je retourne vers une petite séance de délassement, à toute...

J'ai dit au revoir à cette belle créature. Alors que j'essayais de me souvenir de l'endroit pour surfer, je surprenais une discussion entre deux avatars.

Iris: Tu pars déjà?
Jo: Minuit au lit j'ai dit!
Iris: Je croyais que tu m'aurais au moins embrassée, c'est pas gentil !
Jo: Je sais pas comment on fait!
Iris: Tu mens. Lara m'a dit que tu savais le faire. Je veux voir ce que ça me fait avec toi, je veux voir si c'est bien. Tu veux pas?
Jo: Ben avec les autres, c'était bien non?
Iris: Pas autant qu'avec toi, j'en suis sûre. C'est pas pareil. Je te plais pas?

Exaspéré le type a finalement essayé de l'embrasser.
Jo: T'es trop petite...
Iris: Faut que je me grandisse...

Elle s'est précipitée dans le programme d'apparence pour se mettre à la taille de son partenaire.

Iris: Zut je suis trop grande maintenant!

Qui a dit que les relations avatariennes étaient plus simples que les relations humaines?



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jeudi 19 avril 2007

Second Life: Midnight shopping


J'errais ce soir-là tout seul, dans Midnight City.
Une ville étonnante. Une sorte de New York où le jour ne paraît jamais. Il est toujours minuit à Midnight City. On y croise peu de monde. Comme dans le désert.

Je suis étonné qu'il n'y ait personne dans un endroit aussi magique. C'est le genre de choses qui arrivent sur SL. Un privilège en quelque sorte.
J'avais repéré Midnight City sur le profil d'Aimée Weber, la fameuse designer. Ce n'est pas seulement un de ses lieux favoris. Midnight City a été créée entièrement par elle.

Comme pour tous les vrais artistes, son style est reconnaissable au premier coup d'oeil. Jeu subtil avec la réalité, sens du détail, humour.
C'est tout simplement beau.

J'ai eu envie de partager ce lieu avec quelqu'un. J'appelle Ides, une avatar que j'avais rencontré au Club de Philo et qui m'avait semblé d'entrée de jeu intelligente, voire intellectuelle, et assez rebelle. Je lui propose de me rejoindre.

Moi: je suis dans un bar où l'on ne peut pas boire, où il n'y a personne... mais l'endroit est très intéressant.
Sur Second life, ce genre d'invitation ne fait pas peur aux femmes.
Elle : Est-ce que tu as plus de cinq minutes? Est-ce que je dois garder un rendez-vous sous le coude?

Ides avait des raisons de se méfier. A chaque fois que je l'avais vue, j'avais très peu de temps devant moi. Je n'arrêtais pas de répéter que je devais retourner dans la RL. J'étais un peu comme le lapin d'Alice au Pays des merveilles. Cela énerve au bout d'un moment. Une fois, alors que je venais à peine de me connecter et que j'avais toujours peu de temps, je l'ai appelée: je suis juste venu te dire que je m'en vais...
Elle: Oh super. Très heureuse de savoir que tu vas partir. Merci de m'avoir prévenue!
C'était devenu un petit jeu entre nous.
Elle s'est évidemment méfiée quand je l'ai contactée ce soir-là, mais je l'ai rassurée sur le temps que j'avais à lui consacrer.



Cinq bonnes minutes plus tard. Toujours pas de nouvelles d'Ides.
Moi: Tu viens?
Elle: J'arrive. J'ai besoin de conclure poliment la discussion avec un avatar.
Après ce que je lui avais fait subir, c'était de bonne guerre.

Ides me pose rapidement des questions sur ma Real Life. Comme à mon habitude, je préfère ne pas répondre. Je ne veux pas que Second Life se transforme, comme je l'ai déjà dit en un meetic.fr en 3D. Aucune information sur ma RL.
Ides: Comme tu veux. Mais je n'aime pas le mensonge. Je viens d'un endroit où les gens sont dans le paraître et je n'aime pas cela. Toute la société est comme cela.

J'étais plutôt d'accord sur la religion du paraître. Mais est-ce que ne rien dire sur sa RL c'est "mentir"? Est-ce que ce n'est pas une voie pour bien partir dans l'imaginaire? Le débat reste ouvert.
En tout cas, la communication entre nous ne s'annonçait pas évidente. Sur Second Life, j'aime me faire croire des choses, m'inventer des histoires, jouer un rôle. Ides de son côté est une fille engagée, préoccupée par le monde, et qui ne veut surtout pas "oublier la réalité". Si nous voulions passer une bonne soirée ensemble, il allait falloir trouver des ponts entre nos façons respectives de vivre le monde virtuel.
Moi: Pourquoi tu viens sur Second Life?
Ides: Je suis photographe dans la RL et je suis surtout définie par "ce que je fais". Ici je suis définie par "ce que je suis". Cela fait du bien.
Je comprends ce qu'elle veut dire. Ici nous sommes déconditionnés de notre vie réelle. Et cette forme d’anonymat est précieuse. Elle donne une liberté assez jouissive. Pour combien de temps?
La tendance dans nos sociétés est d'en finir avec cette liberté que donne l'anonymat, quasi-impossible aujourd'hui où tout ou presque est enregistré, filmé, répertorié.

J'avoue qu'à un moment j'ai été tenté de parler de ma real life. Mais c'était juste une tentation narcissique. Je me suis repris. Dans quelques années, lorsque le virtuel ressemblera trait pour trait à la réalité et qu'il en offrira des sensations proches sinon encore plus fortes, est-ce que nous aurons encore envie de savoir "qui est qui" dans la RL? ou bien serons-nous devenus indifférents à ce qui se passe dans la première réalité?

Ides me fait cette remarque étonnante: elle a peur que si elle mourrait un jour, ses amis SL ne le sachent pas. Et rien que pour cela, elle ne fait pas de séparation entre RL et SL. J'ai pensé moi aussi à ma mort en tant qu'avatar. Un de ces jours il faut que je prévienne quelqu'un de confiance dans la RL qu'au cas où cela arriverait, il faut faire un "IM - faire -part" à ma liste d'amis. Un truc du style: "Myster Welles est mort dans son sommeil cette nuit. Il n'a pas souffert. Il n'y aura pas d'enterrement sur SL, mais une petite cérémonie en son honneur, au Philosophy Club, près du nain de jardin, sur une musique de Bob Dylan, Knockin' on Heaven's Door..." Le rêve quoi!


Nous avons fait les boutiques sur Midnight City. Toujours pas de cars de touristes ou de bruits d'appareils photos numériques. Seulement quelques sons de sirène de police habilement choisis. Très agréables à entendre dans ce contexte.


Je n'ai jamais aimé faire du shopping dans la RL et pourtant j'ai eu beaucoup de plaisir à faire découvrir le magasin de fringues d'Aimée Weber. Sans être un grand fétichiste j'aime particulièrement ses collants filés et surtout le détail des petits trous. C'est sexy et drôle à la fois.

Moi: Est-ce que tu accepterais que je t'offre quelque chose?
Cela m'a pris comme ça. Peut-être un réflexe de mâle. Pourtant Ides n'est pas du genre à aimer les apparences. Mais j'ai eu envie de lui offrir mon premier vrai cadeau sur SL.
Elle : Ok. J'accepte. Mais je veux aussi t'offrir quelque chose.
Moi: Ok. Avec plaisir. Une autre fois.


Je souhaiterais juste prévenir les avatars mâles: avec beaucoup moins de 250 lindens dollars (moins d'un dollar US) vous pouvez rendre une avatar folle de joie... même une intello rebelle et préoccupée par la misère dans le monde.


Elle a pris son temps.



Elle m'a emmené d'un bout à l'autre de la boutique pour me demander mon avis.




Elle: Alors?
Moi: Le corset à lacets noirs...
Ides: ....Je peux encore prendre quelque chose , il me reste encore quelques lindens.
Moi: J'aime bien les jupes.
Ides: Tu préfères laquelle, celle -là ou celle en satin?
Moi: Celle en satin...
Ides: Oui c'est celle à laquelle je pensais...


C'était un spectacle étonnant et touchant. D'une exquise intimité et très drôle à la fois. Ce comportement typiquement féminin, qui m'aurait horripilé dans la vie réelle, m'amusait franchement. Peut-être parce que c'était la première fois. Peut-être aussi parce que je découvrais Ides sous un autre jour.

Elle: Merci
Moi: De rien, vraiment.

Moi: Qu'est-ce que tu fais?
Elle: J'essaye de mettre ma jupe. Je ne devrais pas, je risque de me retrouver à poil.
Moi: Je ne suis pas choqué par la nudité ici.
Elle: Moi si, par la mienne.

Elle: Je n'ai jamais fait de shopping sur SL avec un homme.
Moi: Moi non plus avec une femme, c'était ma première fois.

Elle: C'était bien de passer un moment avec toi...
Moi: Pour moi aussi.

Nous avions trouvé un modus vivendi. Ni trop dans le virtuel ni pas assez. Un juste milieu qui nous a plu à tous les deux.
Cela a valu le coup de prendre du temps pour Ides. Un vrai moment jazzy.



Ma soirée à Midnight City résumée dans ce petit clip sur une très belle ballade d'Almo



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