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mercredi 20 février 2008

Second Life: Un monde de mentors

Je reçois une notecard de Mimi Carpenter pour un concert à la Coopération française. Je m'y rends, sans doute trop tard. Elle était là mais le concert semblait terminé. Il y avait un monde fou. Et beaucoup de noobs français venus chercher de l'aide.




Une jeune noob , toute vêtue de blanc (une fan de Loulou ? ) complètement perdue, demandait de l'aide à qui pouvait l'entendre. Elle était assise et ne savait pas comment bouger. "Je stagne", m'a-t-elle dit... J'ai bien aimé cette expression.
Elle venait de débarquer ce jour-même, peut-être même à l'instant. Limite affolée par ce qui lui arrivait, elle voulait savoir comment jouer, comment rencontrer des gens, quoi faire ici. Je lui ai dit que Second Life n'était pas un jeu, mais un Univers. Qu'il était possible de faire des milliers de choses mais que c'était à soi de se fixer ses propres objectifs.

- Quels conseils me donnerais-tu?
- Juste d’être ouverte, sympa et... patiente!

J'ai cherché à l'aider le mieux possible pour qu'elle ne se décourage pas. Je me suis même surpris à craindre pour sa vie virtuelle. Allait-t-elle durer une journée? Quelques mois? Une vie entière? Allait-elle passait à côté du "truc"?

La réussite de la vie virtuelle peut tenir à un fil.

Tout en lui parlant, je me souvenais de mes débuts. J'avais oublié que moi aussi j'étais dans un état de dépendance. J'avais eu besoin des autres pour des choses aussi simples que danser, passer du jour à la nuit, ou même trouver un lieu intéressant.
Depuis ses débuts, Second Life a généré une longue chaîne de solidarité entre les résidents. Une chaîne d'entraide où les plus aguerris transmettent leur savoir à ceux qui débutent.
L'apprentissage d'une vie passe par les autres.

Cette rencontre m'a éclairé sur le rôle des "mentors", qui ont décidé de donner une partie de leur temps à aider les autres.

Ce choix altruiste suscitait mon admiration et en même temps m'intriguait. Donner de son temps à des inconnus, les aider à résoudre toutes sortes de problèmes, juste pour le plaisir de le faire, me semblait génial et incompréhensible en même temps. Pourquoi cette générosité? Comment l'expliquer?

Et puis j'ai compris. Enfin, je crois. Les mentors représentent la partie visible de l'iceberg. "Donner" est une des raisons d'être de nombreux résidents dans ce monde. Vision naïve?

Des musiciens donnent des concerts gratuits. Des créateurs, comme Yadni Monde mettent à disposition des centaines d'objets virtuels gratuits, des builders créent des lieux de vie stupéfiants. Des dizaines de tutoriaux sont créés pour nous aider à évoluer dans ce monde, des Sims comme la Coopération Française sont conçues exprès pour aider les noobs, et enfin des blogueurs partagent leurs connaissances et leur savoir.

Second Life est un monde de mentors.

Donner quelque chose de la compréhension de ce monde mystérieux est pour de nombreux résidents une raison de vivre. Une nécessité, que j'ai moi-même ressentie.

Je n'avais pas vu que cette solidarité si particulière, dont j'avais déjà parlé était si ancrée dans cet univers. Second Life a fait naître une génération de "passeurs".
Cela est très réjouissant. Cela fait partie de la culture SL.
Parce que nous sommes au début de l'ère "virtuelle"?
Parce que nous sommes encore en minorité?
Parce que nous voulons faire savoir au reste du monde que l'expérience du virtuel peut enrichir l'être humain?

Au cours de ma vie Slienne de nombreuses personnes m'ont transmis, parfois même sans s'en rendre compte, par leurs connaissances techniques, leurs réflexions, leurs écrits, leur art, ou même par leur façon d'être, des éclairages qui m'ont permis d'avancer.
Les noobs n'échappent pas à cette règle. Ces "apprentis de la vie virtuelle" nous rappellent sans cesse, par leurs questions, leur fraîcheur, leurs peurs, ce que nous étions et ce que nous sommes devenus. N'oublions pas que certains d'entre eux seront en mesure, un jour, de transmettre...

" Si je devais retirer tout ce que les autres m'ont apporté, il ne me resterait que la peau et les os"

Goethe




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mardi 6 novembre 2007

Second Life: Qu'est-ce qui est réel?

Il y a quelque temps déjà, sur le blog de Wangxiang Tuxing, je tombe sur un article qui parlait d'un lieu créé par Uva Oxide.

Le nom de cet avatar me disait quelque chose. Je vérifie ma liste d'amis . Uva en faisait partie. Je l'avais rencontré au tout début de ma vie d'avatar, à "The Lost Garden of Apollo", dans la salle de méditation. Uva et moi avions à peine échangé par IM (j'étais à ce moment-là très occupé à concrétiser ma rencontre avec Isolde) et je ne l’avais pas revu depuis.

Un soir, alors que j'étais en train de me balader sous les traits de mon avatar féminin, je décide donc de me rendre à Oslar, le lieu de cet ami que je ne connaissais à peine.

J'ai d'abord atterri tout en haut d'un d'immeuble qui semblait défier les lois de la pesanteur. Devant moi à quelques pas, je remarque une affiche en anglais où le mot "hypnotique" était mis en valeur. Elle semblait raconter que certaines personnes avaient été hypnotisées. Par qui ? Par quoi ? Je n’en savais pas plus.
Pour se rendre dans le lieu d’Uva, il fallait descendre par un escalier en colimaçon qui ne m’inspirait pas vraiment confiance. D’ailleurs, il a suffi que je me déplace à peine pour que je tombe dans le vide, telle Alice, et que j'atterrisse dans une sorte de jardin de pierres où l’on pouvait entendre de l’eau couler abondamment. Cette chute était-elle réservée à tous les avatars qui venaient dans cet endroit? Etait-ce la façon qu'avait trouvée Uva pour nous faire accéder à son lieu? Le doute commençait à me gagner.

Je me suis remise debout. Devant moi, il y avait une boutique avec un seul étage, particulièrement blanche et très éclairée. Des panneaux prétendaient vendre de la musique. Je monte au premier étage. Je clique sur la démonstration musicale. J'entends alors quelques accords de guitare, mais joués à l’envers. L’impression, très perturbante, m'a fait instantanément douter de mon appareil auditif.
Au bout d'un moment, sans que je sache comment, cette musique se métamorphosa en une chanson normale, tout à fait audible. C'était une musique "manouche", joyeuse et même agréable à entendre. Elle semblait me narguer, me dire : tu croyais que ce que tu écoutais était inaudible et bien non. J'ai eu l'impression étrange qu’on jouait avec mes sens, et qu'on voulait me montrer que rien n’était « sûr » dans ce monde. Très troublant.

C'est à ce moment-là que j'ai eu une sorte de révélation : L'affiche du début qui parle d'hypnose, le fait de tomber étage après étage de cet immeuble sans vraiment savoir s'il était possible "de ne pas tomber", cette chanson inversée, tout cela était en fait une mise en scène !
Ces différents événements avaient pour effet de me faire perdre tous mes repères et de me faire entrer dans le monde d'Uva Oxide . Un monde fragile, incertain, où la réalité n’est jamais ce que l’on croit. Second Life est en effet l’endroit idéal pour nous faire réfléchir aux apparences trompeuses. Pour nous contraindre à démêler le vrai du faux. Je n’étais pas seulement dans un lieu à visiter, mais dans une véritable œuvre d'art, créée pour me faire réagir, me faire douter de mes perception et me faire réfléchir à ce qui est vrai.

Un peu plus loin, j'ai découvert les pierres d'Uva. Il suffisait de cliquer sur chacune d’elle pour « entendre » un poème .
Je clique donc sur l'une: rien. Silence radio, si je puis dire. Je clique sur une autre pierre. Aucun poème n'était délivré. Ne sortaient des pierres aucun son, aucun texte. Il n'y avait qu'un silence profond à entendre. Bien sûr. Comment n’y ai-je pas pensé avant ? Le silence est le plus beau des poèmes.

Je n’ai pas résisté. J’ai envoyé un IM à Uva.

IM de Myster femme: Je suis dans votre lieu... vous êtes un génie!
IM d' Uva : Je ne suis pas sûr que j’en suis un…vous êtes toujours dans mon lieu ?
IM de Myster femme : Oui.

Il est apparu devant moi. Uva Oxide est un « homme arbre ». Vraiment un bel arbre. Il semblait sorti d'une autre planète voire, d'un autre univers.

Moi : Désolé, ce n’est pas très original, mais je suis obligée de dire que j’adore votre look…
Uva : Lorsque je suis dans la foule, ce n'est pas très pratique. J’utilise alors un autre avatar.

Il a été charmant, délicat, attentionné.

Uva : Et toi tu es toujours en blanc ?
Moi : Pour le moment oui.
Uva : Cool. Et les traits rouges sur tes mains, c’est des crayons de couleur ?
Moi : Non. C’est juste une erreur…

J'étais tellement émue par cette rencontre avec l’homme arbre que je n’ai pas voulu prendre de photos. C’était aussi la première fois qu’une personne aussi sensible et délicate et qui soignait particulièrement son look me faisait un compliment sur mon look à moi, malgré tout, assez basique. Cela m’a touché au fond du cœur.

Moi : Bravo pour vos poèmes…et pour ceux que vous présentez…
Uva : Oui j’aime beaucoup ces poètes-là…
Moi : Ce sont les meilleurs ! Au fait, comment vous avez fait pour la musique ? L'impression est incroyable !
Uva : La musique ? Oh, ce doit être mes voisins…ils sont un peu bruyants !

Le jeu continuait. La vérité se dérobait et Uva me répondait sans me répondre. J’étais dans un jeu de rôle grandeur nature, une pièce de théâtre dont il était l'auteur et qu'il me faisait jouer malgré moi.
Au bout d'un moment trop court pour moi, il a prétexté qu’il devait finir de construire son château. Il s'est mis à courir et a disparu rapidement de mon champs de vision, exactement comme le lapin d'Alice. Je n’avais jamais vécu un moment aussi intense sur SL.
Je lui ai envoyé un IM le remerciant pour son lieu incroyable.

IM d'Uva : Désolé je n’ai pas bien compris ce que tu dis, plusieurs IM se sont mélangés!

Bien vu. Le doute encore, l'impossibilité de savoir si tout cela était vrai

J’ai reçu alors un IM qui m’a fait du bien.

IM d’Uva : Je vais voir une pièce de théâtre. Est-ce que ça t'intéresse?

Rien ne pouvait me troubler plus que cela. S’agissait-il de la pièce de théâtre qu'il me faisait jouer à mon insu? L'émotion que j'ai ressentie a décuplé à ce moment-là. Je l'ai supplié de m'inviter à cette pièce. Grand seigneur, il a daigné m’envoyer l'adresse. Je m'y suis rendu sans hésiter, espérant le revoir. Mais Uva n’était pas là. J’étais en extérieur dans une sorte de terrain vague. Il n’y avait aucun théâtre à l’horizon, mais seulement quelques avatars qui parlaient de cette pièce de théâtre. Leur dialogue tournait autour du fait qu’ils ne savaient pas quand cette pièce allait commencer. Wouah!!!! Uva a en plus des complices qui continuent le jeu !
À ce moment, trop troublée par ce que je vivais, j’ai dû renoncer. L’effet était trop fort, je ne savais plus où était la réalité, le jeu. Je n'ai pas pu aller plus loin. J'ai eu trop peur. Je l'ai remercié rapidement et je suis retourné dans la RL.

Cette soirée fut l'une des plus fortes de ma vie sur SL. Voici d'ailleurs le commentaire que je laissais sur le site de Wangxiang :

Wangxiang,
Je ne saurais jamais comment vous remercier de m'avoir fait découvrir ce monde... j'ai eu la chance de passer un moment avec Uva Oxide... cela a été un vrai choc... un incontournable sur Second Life... tout simplement de l'Art avec un grand A...
J'ai pensé que parmi les blogueurs, vous êtes "le meilleur d'entre nous"...
Bravo... continuez... et merci encore...
Myster Welles



Le lendemain de cette expédition, Myster "homme" reçoit un IM agressif. Uva semblait vexé que je me sois présenté en femme et pas en homme. Il disait avoir découvert le pot aux roses. Cet IM m'a mis dans tous mes états. J'avais passé une soirée incroyable, magique, et unique et cette personne que je considérais comme un génie avait été blessé par mon comportement. J'étais désespéré de lui avoir fait mal. C’était la pire chose qui pouvait m’arriver. Un malentendu Secondlifien comme on les déteste.

Je me suis confondu en excuses et en regrets sincères. Il s’agissait d’un malentendu, d’un mauvais concours de circonstances. J’ai dû lui expliquer que je m’étais rendu dans son lieu sous les traits d ‘une femme non pas pour le tromper mais tout simplement parce que l’idée m’en est venue spontanément alors que je me baladais sous mes traits féminins!

Suite à mes excuses, je reçus un autre IM d’Uva. Il me disait que j'avais mal compris son message.( Il était en anglais, il est vrai.) En fait, il ne m'avait adressé aucun reproche. Il s’agissait juste d’un IM clin d’œil parce qu’il avait bien compris que Myster « femme » était en fait Myster homme. Il n'y avait pour lui aucun malaise. Il finissait d’ailleurs son message par des mots qui m’ont fait du bien : « Second Life n'est pas fait pour le conflit. Second life est un endroit où il est bon d ‘être. «


Quelques jours plus tard Myster homme est allé dans ce lieu pour vérifier ce que Myster femme avait vécu.L'affiche « hypnotique » était bien présente. Mais elle semblait être au 2ème degré. Une affiche pour rire. L’immeuble ? Oui, on pouvait tomber de l'immeuble, mais « Myster homme » s'est arrangé pour descendre par l’escalier. La chanson inversée ? Myster n'a pas retrouvé la chanson inversée. Les autres musiques proposées étaient toutes normales et cette boutique semblait appartenir à une autre Sim. Les pierres ? Elles contenaient toutes des poèmes qui étaient lisibles.

Alors? Qu'est-ce qui est réel? Qu'est-ce qui ne l'est pas?
Uva m'avait -il joué la comédie? Avais-je halluciné?

À ce jour, le doute est toujours là, et cela me plaît...




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samedi 20 octobre 2007

Ma Second Life: Rencontre avec l'Amour

J'avais mis de côté ce genre de moment dans ma vie SecondLifienne...


Alors, pourquoi ai-je craqué?


Parce que j'ai rencontré mon avatar féminin pour la première fois sur cette plage.


Nous avons d'abord discuté du noir et du blanc. De notre vie sur Second Life.



Puis nous avons fait plus ample connaissance. ( Elle est beaucoup plus petite que moi, mais uniquement physiquement)



Quand je l'ai prise dans mes bras, cela m' a fait une impression étrange. Il est bien difficile de s'aimer soi. Mais rapidement je nous ai trouvés beaux ensemble. Je trouve qu'on se complète bien.


Nous avons parlé du yin et du yang. De l'eau et du feu. Du négatif et du positif. De la Lune et du Soleil.


Et puis il était déjà tard.

Elle: J'ai passé un très bon moment avec toi.
Moi: Oui moi aussi...il était temps qu'on se rencontre...
Elle: Je t'aime Myster
Moi: Moi aussi...
Elle: C'est un bon début!

Je ne suis pas naïf. Ces moments idylliques ne durent pas éternellement. Comme pour tous les couples, il y aura aussi des conflits et des crises. Si l'on veut que notre relation dure, il faudra les dépasser et tenter de grandir ensemble. Il faudra faire en sorte que ce début prometteur débouche sur une relation mature, faite d'estime réciproque, et de confiance et de tolérance.


L'Amour quoi...

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samedi 14 juillet 2007

Second Life: Blogueurs in World

Il y a un certain temps déjà, j'étais à la Coopération française et je me suis retrouvé nez à nez avec deux autres blogueurs:

Emmen Tal et Daneel Ariantho .

Ils ont l'air content de me voir mais je dois préciser que moi aussi.

Notre rencontre a duré à peine cinq minutes, mais j'en garde un souvenir ému. C'était vraiment très troublant de pouvoir rencontrer In World deux "collègues...".
C'est la première fois que je les voyais.
Mine de rien, cela m'a fait quelque chose.

Daneel

Emmen Tal

Le fait de rencontrer des alters égo sur Second Life, m'a fait réaliser que "bloguer" fait partie de mon identité. C'est un des effets Second Life. Susciter des vocations. Révéler des talents cachés. Eveiller des désirs.

Blogueurs, créateurs, artistes, penseurs, scientifiques, universitaires...bonne continuation à tous ceux qui font avancer ce monde...




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mercredi 16 mai 2007

Second Life: Le secret derrière la porte


Loulou a une place à part dans ma vie virtuelle.
Au départ, c'est une amie dans la vie réelle. (Elle aussi vit sur Venus). Ensuite, je l'ai incitée à aller sur Second Life. Enfin, c'est une lectrice assidue de mon blog. (Enfin c'est ce qu'elle me dit. Je la soupçonne de ne regarder que les images).

Mignonne Loulou avec sa petite jupe... non?

Nous ne nous étions vus qu'une seule fois sur Second Life, au tout début de ma vie d'avatar. Nous avions pris un rendez-vous. Cela avait été particulièrement foireux. C'est terrible à dire, mais nous n'avions pas accroché ensemble. La rencontre s'est rapidement abrégée avant que l'ennui finisse par nous achever. Assez déçu de ce moment raté, je m'étais dit après coup: Quel intérêt de voir son avatar alors que j'ai l'avantage de la voir dans la vie réelle? L'expression de son visage, sa présence, la complexité indéfinissable de son être, c'est quand même mieux que cette ridicule juxtaposition de pixels!
Depuis, nous n'avions pas renouvelé cette expérience.

Il y a quelques jours, alors que nous discutions de mon dernier article avec la psy, je me lance.

Moi: ça te dirait qu'on se revoit sur SL?

Je me sentais prêt à retenter l'expérience. Pourtant je ne suis pas particulièrement maso. Peut-être que je me sentais beaucoup plus mûr pour réussir le passage de notre relation réelle à une relation virtuelle.

Loulou: Ok... j'aimerais bien faire de la balançoire sur SL... une vraie balançoire, j'en n’ai pas vue pour le moment... On pourrait aller au Parc d'Attractions?
Moi: Le Parc d'Attractions? Non merci, très mauvais souvenir de ma vie virtuelle...
Loulou: En fait je cherche une vraie balançoire, tu sais, la balançoire classique quoi...
Moi: Désolé, je n'en ai jamais vu sur Second Life...

Silence. Avions-nous vraiment envie de nous revoir?

Moi: Mais à quelle heure tu te branches? je ne te vois jamais en ligne...
Loulou: En général je me connecte vers 22H00 et j'arrête vers 23h30...Toi t'y vas plus tard j'ai l'impression...
Moi: Oui, moi je me connecte quand toi tu finis...

Nous n'étions clairement pas prêts pour une deuxième rencontre.

Une heure plus tard, alors que j'arrive à peine sur le blog Natalia's Second Life Diary Blog, je tombe sur cette photo

copyright Natalia zelmanov

J'appelle immédiatement Loulou, et lui annonce que j'ai trouvé une balançoire.
Elle a été très surprise par ma rapidité et mon efficacité.

Elle : Comment t'as fait ?
Moi: C'est un mélange de chance, d'intuition et de motivation.

En fait c'était juste une "synchronicité jungienne". Je ne pouvais pas lui décemment lui dire cela de but en blanc.
Pour ceux qui ne savent pas ce que c'est, les synchronicités sont des "coïncidences significatives".

Cela n'est pas la première fois que des coïncidences de ce type m'arrivent depuis que je vais sur Second Life. J'ai même l'impression qu'elles sont en train de se multiplier. Cela m'a surpris au début. Je ne suis pas du genre à croire en ce genre de choses, mais je dois me rendre à l'évidence. Je pense que le virtuel a une tendance à favoriser l’apparition de coïncidences créatives et pleines de sens. Pourquoi? Comment? Je n'en sais pas assez pour le moment. Mais j'y reviendrai. Le sujet est trop important.



Le soir même, vers 00h30, je me connecte pour trouver une solution à des problèmes de peau que j'ai eu suite à un achat malheureux et qui m'avait transformé des pieds à la tête. En général j'évite de me connecter si tard mais là je n'avais pas le choix.

Avant l'achat de la peau


Après l'achat de la peau

Je ne voulais surtout pas rester avec cette tête.
Je n'avais pas arrêté de cliquer et de recliquer dans mon inventaire pour retrouver mon vrai visage. Rien à faire. J'étais très contrarié, même si j'étais prêt à garder mon nouveau corps qui lui me plaisait.

Loulou était en ligne. J'étais très étonné. Il était beaucoup trop tard pour elle.

Moi: Encore là?
Elle: C'est le week end!

Avait-t-elle attendu que je me branche? Savait-elle que j'allais le faire?
En tout cas, cette situation était assez exceptionnelle pour ne pas décider de passer un moment avec elle.

Moi: Tu veux aller voir la balançoire?
Elle: Ok. Avec plaisir.
Moi: Tu ne te moques pas de moi, ok? J'ai des problèmes de peau....
Je vais dans "apparences" une dernière fois pour déconnecter cette peau, améliorer la couleur et retrouver mon vrai visage, au moins pour la soirée.

J'ai fait ce que j'ai pu. Bref, passons.



Au début je l'ai sentie un peu timide. Elle retenait sans doute sa personnalité virtuelle. Mais très vite dès que nous avons mis les pieds à West of Ireland, elle s'est décontractée. Elle a tout de suite aimé ce lieu. Quand une avatar femelle apprécie un endroit que lui a montré un avatar mâle, cela fait vraiment du bien à l'égo.

Elle: Oh! Un mouton!
Moi: Ah oui. Pourquoi tu cliques dessus? Tu veux le manger?
Elle: J'adore voir des animaux sur SL...

J'ai su à ce moment-là que nous allions passer une bonne soirée et que le fiasco de notre première rencontre serait un lointain souvenir. Loulou laissait s'exprimer son âme d'enfant. Et d'assister à cela m'a touché droit au coeur.

Loulou: C'est génial il y a même le bruit de la balançoire qui grince


Loulou: C'est super, tu veux essayer?
Moi: Vas-y, profite un peu!

La balançoire je m'en fichais un peu, j'étais surtout content de lui faire plaisir.
Loulou: Quelle détente! A ton tour!


C'est vrai que c'était très agréable comme sensation. Il faut juste prendre une grande respiration pour ne pas avoir cette impression de chatouilles dans le bas du ventre.

Elle: Alors quel est ton programme alors ce soir?
Moi: Ben passer un moment avec toi... Et toi? Dormir?
Elle: Pour une fois qu'on se croise, j'aimerais bien voir ton SL!


Mon "SL"? C'était la première fois qu'on me disait un truc pareil. Cela me flattait et m'impressionnait en même temps. Le côté mâle en moi se sentait tout à coup mis au défi.

Moi: Voir mon SL? ça veut dire quoi pour toi... tu crois que j'ai des endroits secrets?
Elle: ça peut-être juste des endroits qu'on aime, pas forcément secrets...
Moi: Tu es déjà allée chez Aimée Weber?

Cela m'est venu comme cela, intuitivement. Sans réfléchir.

Elle: Non j'ai juste vu des photos je crois.
Moi: On peut aller chez elle, je trouve ça très bien foutu...ça te dit?
Elle: D'accord!

Ce n'est pas la première fois que je vais chez Aimée. Je n'en ai pas trop parlé. J'ai eu peur de passer pour un fan malade qui piste sa star... mais je fais un aveu maintenant:
J'y suis allé au moins cinq fois en tout.
La première fois, elle était chez elle. Je lui ai parlé et je l'ai bombardée de photos.


La deuxième fois, je me suis lancé.

Moi: Est-ce que par hasard vous faites aussi des logos et des vêtements? J'aimerais avoir un logo à mon nom...
Elle: Désolée, je sais le faire mais je n'ai pas trop de temps en ce moment. J'ai vraiment trop de travail.
Moi: Ok no problem.
Super vexant en vrai. Mais je n'ai pas pu lui en vouloir.


La troisième fois, j'ai surpris une conversation entre elle et une de ses amies. Je n'ai pas voulu écouter, ça m'a trop gêné.
La quatrième fois, j'ai visité ses toilettes.


Et essayé sa machine à remonter le temps.

En fait je n'avais pas réalisé que j'y étais allé si souvent. Fascination pour la "staritude"? Pas seulement. Je l'aime vraiment à travers ce qu'elle fait. Cela ne s'explique pas.

Loulou: Oh il pleut!
Moi: Oui, il pleut toujours ici...
Loulou: Belle surprise!

Loulou était vraiment dedans ce soir-là. Elle appréciait ces merveilleux petits détails à la "Aimée" qui donnent tout ce charme à ses créations.

Loulou: On peut monter tu crois?


Moi: On frappe avant d'entrer?
Loulou: C'est mieux...


Loulou: Il n'y a pas de sonnette...
Moi: On va toquer...
Frapper avant d'entrer. C'est une règle d'or. Mais la porte s'est ouverte toute seule.

Moi: Ouah!!! Tu as fait quelque chose pour que ça s'ouvre?
Elle: Non et toi? Tu as toqué?
Moi: Mais non! C'est magique! ça c'est ouvert tout seul! On est dans un monde magique!
Les règles ne sont pas les mêmes sur Second Life.

Loulou entre avec sa délicatesse habituelle, mais pour moi impossible de mettre le moindre pied chez Aimée! Je reste mystérieusement coincé à l'extérieur.

Moi: Je peux pas entrer!!! C'est réservé aux filles?
Elle: Tu es interdit???

En un flash-back ultrarapide me sont revenues toutes mes incursions secrètes chez Aimée. Elle m'a peut-être interdit de séjour.

Elle: Qu'est-ce qui s'est passé entre vous?
Moi: Strictement rien!

Je réessaye. Rien à faire, je patine devant sa porte.

Moi: Je suis vraiment interdit! Tu crois que c'est une lesbienne?
Elle: C'est bizarre!
Moi: Peut-être que je suis trop grand! Vas-y toute seule. Y'a ses poupées à l'intérieur...
Elle: Tu n'étais pas déjà entré?
Moi: Seulement avec ma caméra... Vas-y! Je te suis du regard...
Elle: Bon. Je te raconterai...

Loulou n'a pas besoin de me raconter, avec ma caméra je vois tout ce qui se passe, je ne la lâche pas d'une semelle.

Loulou : Houhou! je suis au premier, je te vois par la fenêtre!

Loulou ne sait pas que je suis quantique: je suis à la fois dans le jardin...


...et derrière elle...

Moi: Moi aussi je te vois!

Loulou: J'ai un indice: Y'a une photo d'elle et de son amoureux, donc sa maison n'est pas interdite aux hommes...
Moi: Si justement...
Elle: Ah! Comme si c'était lui qui avait jeté un sort sur la maison?
Je n'en demandais pas tant, mais j'aime bien quand l'imaginaire s'emballe comme ça...

Moi: Peut-être qu'elle a interdit à un autre avatar d'entrer dans sa maison. Si c'est une fille bien, dans la symbolique, ça marche...

Moi aussi j'ai commencé à délirer sec.
Nous avons eu l'idée lumineuse d'essayer d'entrer par la porte de derrière. Pour certaines choses on peut être plus lent dans Second Life.


Moi: On y va?
Elle: A toi l'honneur.


Je suis entré sans aucun problème. Ouf! Aimée ne m'avait pas interdit de séjour dans son séjour.

Loulou: Elle n'a pas pensé à tout ou simple bug?

Aucune idée. La seule chose que je sais c'est que ces bugs continueront longtemps de semer le doute dans notre vie virtuelle.

Elle: Elle une vue de paradis...
Moi: On est chez quelqu'un, comme des voleurs, et on s'en fiche...
Elle: C'est vrai. Mais on dirait que ça n'est pas habité... ça doit pas la déranger, sinon elle aurait pas laissée sa baraque ouverte...



Elle: C'est dommage qu'elle n’ait pas de blackboard, on aurait pu lui laisser un petit mot pour la remercier de son accueil.

Moi: C'est cool de visiter cet endroit avec toi. Je ne l'ai pas fait exprès mais on est chez une grande graphiste successfull. Je t'ai amené dans ton futur... cool non?

Loulou depuis peu a décidé de changer de vie pour devenir graphiste.
Cela m'est sorti comme ça. Je ne sais pas pourquoi. Cela m'a semblé évident. Peut-être était-ce l'abolition des contraintes d'espace qui m'a fait sentir l'abolition des contraintes de temps?

Elle: Non, je n'aime pas ça...ça voudrait dire qu'on est destiné à des choses? Tu ne peux pas m'emmener dans mon futur! Même s'il y a un axe je pense, rien n'est écrit. On choisit toujours...

Moi: Je pense que tout est écrit et rien n'est écrit, j'ai toujours pensé ça.
Elle: C'est l'Axe!
Moi: Ouah! J'aime l'Axe, tu peux m'expliquer ce que c'est ?
Elle: Tu risques de t'endormir...


Loulou m'a exposé sa théorie de l'Axe, qui aurait une forme sinusoïdale, comme une sorte de vague...et cette courbe passe par moments au- dessous de l'Axe...


...puis au-dessus de l'axe horizontale en le croisant...


... et bref, c'est pareil pour la vie... notre chemin de vie se fait au-delà et au deçà de cet Axe....



Je ne me suis pas endormi. Je ne savais pas que Loulou était aussi philosophe.

Loulou: Pour en revenir à mon futur, c'est vrai que ce genre d'ambiance, c'est tout à fait ce que j'aime...
Moi: Oui, c'est vraiment fait avec goût, c'est simple, sobre, et classe. Comme toi...
Loulou: Arrête je vais rougir...

Nous avons fini la soirée à Midnight City
pour continuer de découvrir le travail d'Aimée Weber.


Moi: C'est quoi?
Elle: On peut aller sur internet!
Moi: Mais on y est déjà!
Elle: ça veut dire que... venir de Second Life pour aller sur internet, ce n'est pas la même chose qu'en venant de la réalité? ou là, je m'embrouille, ça devient compliqué!
Moi: Je comprends rien...
Elle: C'est l'internet de SL...par exemple les gens vendent des trucs réels ou font de la pub pour des trucs réels ou pas...et on peut y avoir accès à partir de Second Life...
Moi: Tu m'expliqueras une autre fois. Ce monde est fou...
Elle: En fait oui...

Il y avait un stop au bout de la route. Je me suis arrêté au moins trois minutes.

Loulou : Hi hi, tu respectes le code de la route?


Moi: Voilà, maintenant tu sais ce que c'est de passer une soirée avec Myster Welles!
Loulou: Oui, c'est très sympathique... Myster est un mythe quand même!

Je reste un avatar avant tout.


Moi: T'es vraiment une chic fille!
Elle: On retournera faire de la balançoire alors?
Moi: Of course...
Elle: Great! Merci pour les visites et sweet dreams, Myster



Je suis heureux. Il y a des soirs comme cela où l'on a l'impression de toucher l'âme de Second Life. Dans ces moments, non seulement la vie virtuelle se justifie, mais elle me semble nécessaire, vitale pour notre compréhension de l'Univers, tel qu'il est en réalité. Poétique.

Depuis cette soirée, Loulou a trouvé un sens à sa vie virtuelle. Elle s'est fixée comme objectif de trouver et d'expérimenter toutes les balançoires sur Second Life. Et s'il n'y en a pas assez, elle en construira elle-même.
L'air de rien, je l'ai vraiment emmenée vers son futur.


copyright Loulou Poplin

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