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dimanche 5 avril 2009

Second Life: The Myster Rendez-vous


Je pensais que je serai le premier à l'annoncer mais ...c'est Daneel qui a dégainé le plus vite. (et je l'en remercie.)
Dans le cadre de la manifestation " Empreintes Numériques" oragnisée à Toulouse, je fais ma première "Performance" en direct SL et RL

VENDREDI 24 AVRIL à 21 HEURES au Théâtre Evariste Parny

SAMEDI 25 AVRIL à 21 HEURES au Théâtre Evariste Parny


Le Théâtre se situe sur la région 3 de de Bourbon Island.



Toujours en direct RL et SL pour Empreintes Numériques, je ferai aussi une "conférence" à partir des textes de ce blog

Le SAMEDI 25 AVRIL à 17H00 à La Bibliothèque Francophone

Vous êtes les bienvenus pour ces 3 rendez-vous.

Ces différents rendez-vous seront pour moi l'occasion de vous parler de la vie sur SL.


« Lost in SL »

« Voilà plus de deux ans, que j’arpente Second Life et bizarrement, je n’ai pas encore déconnecté de la réalité. Enfin c’est ce que je crois…
Suis-je complètement « Lost in SL » ?
J’ ai ressenti le besoin de faire le point sur mon humanité. De vous raconter ma vie virtuelle. Sexuelle. Philosophique. Métaphysique. De danser. De chanter. De partager. De rire avec vous.
J’en profite. Il paraît que je suis encore en état de comprendre… »



Vendredi 24 AVRIL 21h00 au Théatre Evariste Parny de Bourbon Island

Samedi 25 AVRIL 21h00 au Théatre Evariste Parny de Bourbon Island

Samedi 25 AVRIL 17h00, Bibliothèque Francophone

Empreintes Numériques



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mercredi 18 mars 2009

Second Life: Un voyage gratuit


Cela faisait une éternité que je n'avais pas mis les pieds dans...dans quoi d'ailleurs?
Ce nouveau monde?
Un univers parallèle?
Ce monde intangible qui m'a déjà tant donné?
Dans cet univers synthétique et réel à la fois ?
Dans ce monde virtuel?
Dans un autre espace-temps?
Dans ma deuxième vie?
Dans mon autre vie?
Dans la vie de mon avatar?
Dans une partie de ma vie?
Dans mon autre moi?
Dans mon avatar? ( j'ai "remis les pieds dans mon avatar", un peu comme on rechausse une vieille paire de bottes)



L'impression que j'ai eu: Détente, lâcher prise, dépaysement...un bon lavage de cerveau. Mon mental s'est calmé, comme pendant la méditation...
Des réflexes sont revenus. J'ai retrouvé des sensations. Cette sensation d'être bien "ailleurs". J'ai eu la nette impression de me dégourdir l'esprit...

Pour la première fois, je me suis dit que Second Life agissait comme un "voyage gratuit". Un voyage très loin qui ne coûte rien. Qui nous propulse "ailleurs"...
Salvateur pour le cerveau.
Je suis sorti un moment de l'agitation du monde tangible pour aller respirer un autre air. Content d'avoir ce choix.
J'ai un peu renoué avec SL, mais le fil est mince. Je suis encore un peu timide. Besoin de recommencer pour me prouver que j'ai bien raison.
Peut-être me faut-il un programme de "rééducation"?
Y aller même si je n'ai pas envie. Dix minutes par jour. Minimum. Pour retrouver le goût, l'assurance, l'envie.


Recommencer l'aventure. Me faire du bien. Sans culpabilité. Respirer cet air synthétique, qui , je le promets, est plein de promesses...
( Faut-il rappeler que je suis un amoureux du monde tangible, de la matière, des êtres humains et de la Nature ? Est-ce que cela suffira à faire comprendre au monde "profane" que l'un n'empêche pas l'autre, au contraire? )


22h59. Je dois faire mes 10 minutes avant minuit. Je vous laisse.


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samedi 1 novembre 2008

Second Life: Une simple question



Au cours d'un concert que je n'écoutais pas vraiment, j'ai commencé une discussion avec une avatar qui m'a posé une question simple.

"Penses-tu que nous si nous sommes autant "pris" par Second Life c'est parce que nous permettons aux autres de nous connaître à un niveau beaucoup plus profond que dans la RL?"

Question juste. Je n'avais pas encore vu les choses sous cet angle. Je lui ai répondu que la réponse était sûrement contenue dans sa question. " Oui pour certains cela marche sûrement comme ça..."

Pour elle, il ne pouvait en être autrement. "Ici les gens se sentent en sécurité pour s'exprimer eux-mêmes."

Elle parlait d'elle-même. Sans doute. Chaque avatar se révèle à travers ses propres questions sur SL. Chacun a sa façon de voir ce monde. Et personne ne détient la vérité sur SL, ni sur aucun autre monde.
Chaque vécu diffère, mais tous se rejoignent ou se confrontent, se complètent, s'enrichissent.
Cela devrait être exactement la même chose dans la RL n'est-ce pas? C'est parfois le cas.
L'expérience de SL avait permis à cet avatar de comprendre des choses sur le monde réel: Finalement, nous ne nous exprimons pas avec une grande liberté dans ce monde.

Et sa question en a appelé une autre chez moi: Est-ce que l'expérience de SL permet de voir le monde réel avec d'autres yeux?

La réponse est incluse dans la question...





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jeudi 30 octobre 2008

Second Life: "Avatars", l'album


Je n'ai pas écouté cet album. J'ai juste été frappé par la couverture. (Normal pour un avatar.)
Je l'ai trouvée très belle. Cet avatar est vraiment réussi. Il y a à parier que nous serons aussi nuancés un jour.

J'aime voir un artiste "célèbre" transformé en avatar, selon ses désirs. Cela fait du bien à mon regard. Cela m'a touché qu'il se prête à ce jeu. Qu'il appelle son album "Avatars". Il y a quelque chose qui bouge.

D'après un article du monde, William Sheller se serait inspiré des sites "relationnels" comme My Space ou Second Life pour écrire son dernier album. Je ne connais pas le contenu de ses observations, mais William Sheller semble être l'un des premiers auteurs-compositeurs à prend en compte l'émergence de ces mondes et à l'intégrer à sa création.

Les avatars commencent à faire leur apparition dans le monde "tangible" et à sortir de leur monde initial. Cela fait encore peur?
De moins en moins. Prenons la partie pleine du verre: Il va y avoir de belles rencontres entre les avatars et les êtres humains. Des échanges inédits. Des créations nouvelles. Une mixité. Rappelons au passage que derrière les avatars, il y a des êtres humains. Peut-être que cela fera moins peur.

Autre bonne nouvelle: le mot "avatar" est en train d'être banalisé. Le sera-t-il un jour autant que le mot "homme"?

Quel que soit le point de vue sur de William Sheller sur ces questions, j'espère que son album est réussi...


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dimanche 28 septembre 2008

Poppy,un personnage réel...


Je vais parler de ma real life. C'est rare. Il va falloir en profiter. (Non, la photo que vous regardez n'est pas celle de ma petite copine.)
Ce que je vais révéler de ma real life c'est l'événement suivant: j'ai vu un film qui s'appelle "Be happy" de Mike Leigh. Gros scoop n'est-ce pas?
Je ne ferai pas ici la critique de ce film, car je ne suis pas là pour critiquer. Je souhaite uniquement parler du personnage principal, Poppy, (interprété par Sally Hawkins, qui a remporté l'Ours d'argent du Prix d'interprétation féminine à Berlin.)
Pour moi Poppy est l'un des personnages les plus intéressants vu au cinéma ces dernières années. Et grâce à elle j'ai compris un petit truc sur le virtuel.

Cette fille de trente ans a la particularité d'être particulièrement heureuse, elle est quasiment toujours souriante, pleine de vie et d'énergie. Elle est tellement heureuse qu'elle pourrait passer pour une "idiote". Tout, ou presque la fait rire , ou sourire. Poppy n'a absolument aucun esprit de sérieux.
Le premier réflexe d'un occidental face à un tel personnage est d'être très agacé. D'ailleurs, certains amis (des femmes surtout) m'ont dit qu'au bout d'un moment que Poppy leur tapait sur le "système". Et d'autres, n'adhèrent pas au film parce qu'ils ne peuvent croire qu'une personne aussi heureuse puisse exister. Enfin je suppose que nombreux sont ceux qui pensent que cette joie de vivre dans un monde pareil, est une forme de naïveté, d'inconscience et d'irresponsabilité.

Le film nous dit au contraire que Poppy est réellement plus forte que ceux qui voient le monde avec des lunettes sombres. Même quand elle se fait agresser, elle parvient à neutraliser l'énergie de l'agresseur. La haine glisse sur elle. Son attitude m'a fait penser au fameux: "Tend l'autre joue" de mon pote Jésus.(Il est important d'être ami avec les prophètes). Ne pas répondre à l'agression par l'agression permet de stopper le cycle infernal de la haine. Et c'est ce que fait Poppy durant tout le film, sauf lorsqu'elle est agressée physiquement.

Pourquoi Poppy m'a-t-elle fait un tel effet?
Rien de sexuel dans cette attirance. Poppy fait du bien aux gens autour d'elle dans le film, mais aussi- et c'est cela le plus incroyable- elle fait du bien aux spectateurs. Assis dans mon fauteuil, je me suis pris de plein fouet sa bonne énergie, et suis reparti rechargé, rempli, et plus aimant dans la vie réelle.

Après ce film j'ai pensé au rapport entre le virtuel et le réel. Poppy n'existe pas. C'est une personnage de fiction. Elle est "virtuelle". Bien entendu, elle est servie magistralement par une actrice éblouissante. Il y a de la chair et du sang derrière ce personnage. Mais le fait est que j'ai reçu de l'amour de la part d'un personnage qui n'existe pas dans le réel. Et comme elle m'a fait du bien, j'ai eu des sentiments réels pour elle.
Cela m'a fait réaliser que le monde dit"virtuel" n'a de virtuel que son enveloppe. C'est un écran. Un écran où s'échangent continuellement des affects, des idées, et des sentiments. Dès qu'il y a de l'humain quelque part, même s'il est caché derrière un personnage de fiction, un avatar, une oeuvre, ou même un robot, il y a une communication possible. Peu importe le média utilisé. Peu importe aussi s'il se passe dans un monde synthétique ou un monde "naturel". L'échange a lieu et c'est cela qui compte.


Quand cet échange de "fluides" a lieu, les frontières entre le réel et le virtuel, entre la réalité et la fiction s'abolissent d'elles-mêmes. Nous nous enrichissons simplement de la présence de l'autre.
C'est très simple. Archi-simple. Trop simple pour être compris?

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mardi 19 août 2008

Second Life: Une première fois

Je relaie cette information lue sur wired et aussi ici et là parce que je la trouve super.
Pour la première fois, un artiste virtuel, Von Johin, vient d'être signé par une maison de disque, Reality Entertainment.

J'aime beaucoup les "premières fois" et celle-ci me fait rêver.
Un avatar peut faire vibrer d'autres avatars à travers son art et en vivre. Cool non?
Cela justifie concrètement sa vie virtuelle. Cela le rend tout à coup plus réel. C'est un des effets bénéfiques de l'argent. C'est du "concret". Cela donne une légitimité. Un avatar qui gagne sa vie, n'a plus à se justifier d'être un avatar.

Comment a fait Von Johin pour y aller, jouer, chanter, sans se poser de questions?

En ce qui me concerne, j'ai encore trop mauvaise conscience à construire une partie de ma vie sur SL.
Peut-être que cette mauvais conscience n'est qu'un prétexte pour ne rien faire sur SL.
Peut-être que SL, ce miroir de mes désirs, me reflète que j'ai simplement mauvaise conscience dès qu'il s'agit de faire ce que j'aime.
Je me réjouis pour Von Johin. ça doit être un sacré trip d'être un artiste virtuel. Et qui en plus gagne sa vie. (Je n'ai pas les montants)
Bravo à lui.
Et merci pour avoir momentanément replacé "le miroir SL " devant mes yeux...


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samedi 26 juillet 2008

Second Life: Je suis toujours vivant



Très longue pause. La plus longue peut-être. Difficile de revenir. Moins on y va et moins on y va.
Pas seulement un problème de temps. Surtout de disponibilité d'esprit. SL reste dans mon coeur. Malgré son absence. Il suffit de peu pour redéclencher le désir.
Je reste confiant.




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samedi 24 mai 2008

Second Life: " Un monde anecdotique"



Une bonne amie RL, qui ne fréquente pas SL, était contente de voir que je me recentrais sur mes projets RL.
Elle m'a avoué, avec gentillesse et sans agressivité particulière, qu'elle trouvait que "je me perdais avec SL". Que ce monde et les projets que je voulais y réaliser avaient tendance à me dévier de mes projets RL.

Sa remarque est légitime et pragmatique. Accomplir des projets sur SL, y consacrer du temps ne permet pas de retirer autant de bénéfices et de reconnaissance qu'un projet dans le monde tangible. Pour elle, entre deux projets, l'un RL et l'autre SL, il n'y a pas à hésiter.

Il est évident que la réussite dans un monde comme Second Life n'est reconnue que par ceux qui y résident ou qui s'y intéressent, c’est-à-dire une minorité de gens. Les projets SL eux restent cantonnés dans un monde synthétique et ont peu de chance à ce jour de passer de l'autre côté de la "membrane".

De plus, à ce jour seule une minorité de résidents gagne leur vie sur SL. Et vu ce que je veux faire sur SL,( j'en parlerai lorsque cela sera fait) je ne risque pas de rivaliser avec Anshe Chung la première millionnaire de SL (et sexy en plus).

Copyright Anshe Chung

Pour des yeux profanes, ce monde a quelque chose de franchement anecdotique. D'abord la plupart le considère encore comme un jeu (bien que l'idée qu'il soit un univers à part entière commence à faire son chemin.) Et puis, même lorsque SL est considéré comme un univers, la plupart du temps, il est diabolisé ou minimisé. Rarement apprécié à sa juste valeur.

Soyons honnête. Bien que j'y ai vécu des choses absolument extra-ordinaires, que j'ai pu prendre un plaisir fou à y passer du temps, il m'est arrivé moi-même de minimiser l'importance de Second Life.
Pourquoi, moi, un défenseur de SL, j'ai pu penser par moments que SL était un monde secondaire?
Cela tient essentiellement au fait que je sois aussi un être humain et pas seulement un avatar.


Que pense l'être humain en moi?
Comme tous les autres êtres humains, je peux vivre sans Second Life. Je respire, je mange, je travaille dans la RL. Il y a des périodes où je ne vais pas sur SL, par manque de disponibilité, de temps ou même d'envie. Pour moi comme pour de nombreux êtres humains,Second Life est un monde facultatif et non pas aussi "essentiel" que le monde tangible.

Le fait que je minimise SL a aussi une autre origine. Comme tout être humain j'ai besoin de sentir que ce que je fais est valorisé et apprécié par les autres. Cela m'encourage à continuer. Cela donne une légitimité à mes actions. Or qui valorise les créations sur SL à part les avatars? N'apparaissent-elles pas comme absolument futiles voire inutiles ou absurdes à la plupart des êtres humains?

Pour la plupart des gens, le temps passé sur SL et l'énergie qui y est dépensée ne débouche sur rien de concret. Comment un avatar peut-il bien se sentir dans ses baskets lorsque la plupart des êtres humains pense qu'il perd son temps à s'intéresser à un monde synthétique? N'ayant aucune reconnaissance de la part des personnes qui vivent comme lui dans le monde tangible , il peut finir par se dire qu'il a des lubies, un grain de folie que seuls quelques personnes peuvent comprendre.


En fait cette minimisation, ce rejet de SL, vient d'un conflit récurrent: Je me sens constamment déchiré entre deux mondes parce que j'appartiens à deux mondes. Et comme la plupart des avatars de ma "génération", ma difficulté est bien de résoudre la fameuse question: "comment parvenir à concilier ma Real Life avec Second Life?"
Oui, comment partager intelligemment et harmonieusement mon temps et mon énergie entre ces deux univers, ces deux plateformes de jeu que sont la RL et SL? Comment concilier l'être humain et l'avatar?

Désolé mais je n'ai pas la réponse. Peut-être que l'être humain en moi arrêtera de minimiser sa vie virtuelle lorsque Second Life ou d'autres mondes virtuels équivalents seront pris au sérieux.Il faudra sans doute de longues années. Car il n'est pas évident pour les êtres humains que nous sommes d'accepter sereinement l'émergence d'un univers non plus organique, mais créé par la technologie.
Toute révolution ne peut être digérée et comprise sur le moment.
Alors, en attendant que cela arrive, comment réussir cet équilibre entre ma vie d'être humain et ma vie d'avatar?

Une de mes amies SL m'a peut-être donné la réponse alors que je lui disais souffrir du manque de reconnaissance de ce monde.
Elle me dit très simplement: "Moi quand je viens ici, j'ai plein d'amis. Je suis comme à la maison. Cela me suffit."

Elle se fichait apparemment de la reconnaissance de ce monde. Pour elle,l'amour ou de l'amitié de quelques-uns suffisait à donner un sens à sa vie virtuelle.

J'aimerai avoir cette simplicité. Faire uniquement ce qui me fait plaisir.
Aller sur SL sans compter mon temps, y faire les projets qui me tiennent à coeur et ne pas accorder la priorité à la RL.

Voilà vraiment ce que pense l'avatar en moi. Il lui manque juste de se mettre d'accord avec l'être humain...

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samedi 19 avril 2008

Joël de Rosnay, Second Life et les mondes virtuels


Est-ce l'avatar de Joël de Rosnay? Dieu seul le sait...


J'ai beaucoup d'estime pour Joël de Rosnay. C'est quelqu'un d'intelligent et de sérieux, dont l'avis m'a toujours intéressé.

Je suis tombé sur une petite interview de lui réalisée par "mémoire vive.TV" où il nous donne une idée de ce que pourrait être l'avenir du web. C'est ce qu'il appelle le Web.04. C'est brillant et bien vu.

A la fin de l'interview il est questionné sur Second Life. Et là, à mon grand étonnement, cet esprit brillant, qui connait internet comme sa poche, se met à dire des choses assez floues et caricaturales sur les mondes virtuels. En gros, Joël de Rosnay nous met en garde contre « le risque de confusion entre le réel et le virtuel ». Puis il nous parle de l'illusion que ces mondes peuvent susciter chez les jeunes. "L'illusion d'un temps réversible, qui nous incite à ne pas nous engager, contrairement à la vie réelle, qui elle, est irréversible et engage."

En l'écoutant j'ai vraiment eu le sentiment que cet expert du web ne connaissait pas Second Life.

Cela m'a interrogé.


S'il connaissait bien Second Life, il nous aurait sans doute parlé des possibilités inédites d'enseignement, des cours à l’ université, (15% de l’espace de Second Life est occupé par des universités en ligne, payantes et privées ) de la possibilité pour les handicapés de retrouver "un corps" et d'y mener une vie "réparatrice", des programmes humanitaires et écologiques qui fleurissent, de la possibilité de pratiquer une langue étrangère avec des autochtones sans se déplacer de chez soi, des vocations artistiques que suscitent ces mondes...
Mais non. Il nous parle essentiellement des dangers du virtuel.



Pourquoi même des esprits brillants, cultivés, ne parviennent-ils pas à appréhender les mondes virtuels à leur juste valeur et les réduisent quasi systématiquement à leurs soi-disant "dangers"?

J'ai une hypothèse. Simple. Pour comprendre la richesse des mondes virtuels dans leur réalité la plus intime, il faut les fréquenter. S'y investir. Et subir le choc ou les chocs que la plupart des avatars ont ressenti en fréquentant ces mondes. Des chocs de sens. Des bouleversements intérieurs. Une remise en question de leur façon d'envisager le monde.

A défaut de s'y être frotté vraiment, il est nécessaire de les avoir étudiés longuement pour avoir une chance de comprendre ce qu'ils sont et ce qu'ils ne sont pas. Certains auteurs comme Philippe Quéau, Edward Castranova ou Pierre Lévy ont apporté des pierres à cette compréhension.

Sinon, l'on reste dans une sorte d'ignorance. Une ignorance qui est partagée par de nombreuses personnes, des journalistes, des décideurs, des hommes politique, des philosophes, ce qu'on pourrait appeler "l'élite", qui par ailleurs peut être tout à fait brillante sur d'autres sujets.
Cela m'a fait penser à "l'ignorance de Monsieur Toulemonde."

Monsieur Toulemonde peut aussi être Madame Toulemonde


Au départ, Monsieur Toulemonde" (qui peut être aussi un esprit brillant) a des préjugés sur les mondes virtuels. Cela est normal. Ces mondes sont en train de naître. On ne sait pas ce qu'ils vont impliquer pour l’être humain. C’est l’inconnu. Et comme le dit Joël de Rosnay dans l’interview, ce qui est nouveau fait peur.

Monsieur Toulemonde peut se sentir inquiet à l'idée que de tels mondes puissent exister. (D'ailleurs je trouve que l'expression du visage de Joël de Rosnay au moment où il en parle dans la vidéo laisse paraître une sorte d'inquiétude).

Monsieur Toulemonde est censé. Il n'a pas envie d'un monde où l'on ne communique plus, où l'on s'enferme, où l'on rejette les autres. Qui aurait envie d’un monde pareil ?

Il peut avoir une image péjorative de ces mondes : ce sont des mondes "artificiels", "froids", "inhumains" et "dangereux" ou encore des mondes où « l'on peut confondre la réalité et le virtuel ». Il pense que ces mondes nous poussent non pas vers la réalité mais l'illusion.

De plus, Monsieur Toulemonde a été élevé avec l'idée que seul compte le monde tangible. Il n'a connu que cela. (Entre nous, Monsieur Toulemonde se trompe. Il a toujours vécu dans un monde tangible certes, mais pas uniquement. Le monde de la pensée, de l'art, des idées, dans lequel nous vivons aussi n'est pas un monde "tangible".)

En fait Monsieur Toulemonde, par une sorte de réflexe de peur, revendique la supériorité inaliénable du monde tangible lorsqu'il se sent menacé par l'apparition d'un monde concurrent. C'est un réflexe humain. C’est un réflexe d’auto-défense, de survie peut-être.


(Soit dit en passant, Monsieur Toulemonde rate quelque chose, on ne compte plus les belles filles sur Second Life.)

Monsieur Toulemonde trouve bizarre et même maladif que des gens se détournent de leur vie réelle pour construire une vie virtuelle.
Pour lui un monde virtuel est le résultat d'une civilisation malade, aliénée, perdue, un symptôme révélateur du malaise de notre société.



J'étais moi aussi, ce Monsieur Toulemonde. ( A peu de chose près)
Second Life, avant que j’y aille, m'a fait peur. Il n' était pas évident de passer de l'autre côté du miroir. Mais un jour j'ai fait un plongeon, avec peur certes, mais j'ai osé plonger.


J 'ai été supris par ce que j'ai vécu. Je ne m'attendais pas à ce que progressivement mes préjugés tombent un à un.

D’abord, au bout d'un moment, à mon grand étonnement, j'ai commencé à sentir les effets bénéfiques que la fréquentation de ce monde non tangible avait sur ma vie tangible.
J’ai découvert que j’étais un autre tout en restant moi-même.



J'ai eu des idées, des sensations, des émotions nouvelles. J’ai même par moment commencé à me sentir "meilleur. " A être plus créatif.
Cela n'a rien de magique ou de bizarre.
Les mondes virtuels permettent de se découvrir soi tel qu'on ne s'était jamais vu.

Il est vrai que Joël de Rosnay évoque lui aussi " une meilleure connaissance de soi" comme conséquence des mondes virtuels. Seulement il oppose cet aspect "positif" de SL à "un énorme défaut: l'illusion dans lequel nous plonge le monde virtuel."

Il y a là, à mon avis une contradiction. C'est justement cette connaissance de soi qui permet d'être moins dans l'illusion, de savoir ce qui est essentiel à nos vies et de nous engager avec plus de force et de sagesse dans l'aventure de la Vie. On pourrait même dire "dans les vies tangibles et non tangibles". Dans toute sorte de vie.



Car là est bien le secret que connaissent les avatars pour l'avoir vécu: Second Life, est un univers dans lequel on mène une vie, avec tout ce qui va avec. Engagement ou désengagement, illusions et désillusions, travail et loisir, amour et souffrance.



Et cette vie ne nous détourne pas de la vie réelle. La socialisation que créent ces mondes ne m’a pas enlevé le plaisir que j'ai à être physiquement avec les autres. Au contraire. Je peux mesurer aujourd'hui avec plus d’acuité la richesse du contact humain, l’irremplaçable présence humaine. Je ne suis pas le seul.

Par ailleurs, la vie virtuelle créé un autre mode de communication avec les autres. Une autre saveur relationnelle. Elle nous met en contact avec le reste du monde, "physiquement". Pouvoir agir, bouger, parler, marcher, danser simultanément à d'autres à l'autre bout du monde, même à travers un avatar, nous rapproche des autres peuples, inévitablement.



Les idées que l'on a sur SL ne sont que la conséquence de différentes peurs.

1) Peur du bouleversement que représente l'apparition des mondes virtuels dans sa vie.
2) Peur de se découvrir soi-même.
3) Peur d'être déstabilisé et troublé par les questions nouvelles qui affleuraient à l'esprit.

Ce sont ces peurs qui étaient à l'origine des préjugés de Monsieur Toulemonde.
Elles sont humaines, mais il est important de les dépasser. Elles ne mènent pas très loin. Mais surtout elles génèrent des idées fausses et empêchent un véritable débat sur les mondes virtuels et sur leur dangers réels.



Ces dangers quels sont-ils réellement?

Ils viennent pour moi du simple fait que Second Life soit un vie. Or toute vie est initiatique. Toute vie est un apprentissage. C'est un terrain sur lequel nous grandissons, bâtissons, avec les risques et les dangers inhérents à « ce » terrain. Il n'est pas nécessairement glissant. Il oblige tout être humain-avatar qui le pratique à y développer une philosophie, un art de vivre, une éthique personnelle pour y vivre le mieux possible.

Par ailleurs, "cette vie" charrie avec elle son lot de questions métaphysiques, ou "méta-virtuelles". Elle nous fait toucher du doigt des questions fondamentales, auxquelles il est difficile aujourd’hui de répondre, des questions sur le rapport entre le corps et l'esprit, des questions sur la nature du réel, sur l'identité de l'être, sur la mort, la sexualité, le Divin.

Le danger vient plus de l'incertitude qu'il y a à vivre cette vie complexe que de la prétendue confusion entre le réel et le virtuel.



Fréquenter un monde virtuel est un vrai investissement. Il faut du temps et de la pratique pour en saisir la substantifique moëlle.( Sachant qu'elle nous échappera à jamais). Il faut aussi de la disponibilité d'esprit, et un désir de découverte toujours renouvelé.
J'espère que de plus en plus d'esprits brillants qui s'intéressent à l'avenir de l'humanité auront un jour la curiosité de connaître la réalité des mondes virtuels dans toute leurs nuances, dans leurs dangers véritables comme dans leur capacité particulière à faire avancer l'homme vers sa propre connaissance.



Joël? C'est vous?


Pour ceux qui veulent voir l'interview.


Site de Jöel de Rosnay

Une petite vidéo de Joël De Rosnay sur le site de Daneel Ariantho où il reprend les thèmes du web.04


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vendredi 7 mars 2008

Second Life: Un village mondial


La première fois qu'un chanteur sur scène m'a dit "Hy Myster, or Maïster?" pour me remercier d'être présent à son concert, cela m'a fait un effet " Silien". Ce fameux "truc" qui me met dedans instantanément et qui crée une sensation intérieure inédite et surréaliste. C'est un plaisir fou d'entendre son pronom prononcé (ou chatté) par un inconnu sans avoir eu à se présenter.(D'ailleurs, prononcer "Maïster"). A chaque fois je me sens exister puissance dix.
C'est tellement évident que je n'y avais pas pensé avant. Ce qui favorise la rencontre n'est pas seulement l'anonymat. Mais aussi le fait de pouvoir connaître immédiatement l'identité virtuelle de chaque avatar. C'est une différence notable avec la real life. Ici, dès le premier regard, l'anonyme n'est déjà plus un anonyme. Il existe un peu plus. Il n'est pas un "étranger", mais bien une sorte de "frère"...


D'ailleurs, la plupart du temps, l'on entre dans la vie de gens qu'on ne connaît pas. On fume une chicha avec eux alors qu'une minute auparavant on ne savait même pas qu'ils existaient.

La parole est libérée. Pas besoin de présentation. Pas besoin de briser la glace. En quelques clics on a...

...philosophé avec des inconnus...



...fait l'amour à une inconnue...( N.B: ce n'est pas moi sur la photo...)



...refait le monde avec des inconnus...

Comme si nous faisions partie de la même famille et que nous pouvions enfin le vivre et l'exprimer. Ici, comme me le faisait remarquer une amie sur SL, les relations sont construites sur la communication.
Moments bénis où nous pouvons sentir affleurer cette fraternité trop souvent refoulée dans la real life.
Nous sommes en effet beaucoup plus proches des autres que nous avons tendance à le penser. Et ce petit village nous permet, à notre insu, de l'expérimenter.


Faut-il passer par le virtuel pour réapprendre la fraternité?
Pas seulement. Mais pourquoi s'en priver, si cela permet à l'être humain de grandir?

Ce petit village mondial disparaîtra peut-être un jour, ou évoluera différemment. J'essayerai alors de me souvenir de cette sensation de me sentir bien avec les autres, de ces échanges, et de la joie qu'elle procurait...

mercredi 20 février 2008

Second Life: Un monde de mentors

Je reçois une notecard de Mimi Carpenter pour un concert à la Coopération française. Je m'y rends, sans doute trop tard. Elle était là mais le concert semblait terminé. Il y avait un monde fou. Et beaucoup de noobs français venus chercher de l'aide.




Une jeune noob , toute vêtue de blanc (une fan de Loulou ? ) complètement perdue, demandait de l'aide à qui pouvait l'entendre. Elle était assise et ne savait pas comment bouger. "Je stagne", m'a-t-elle dit... J'ai bien aimé cette expression.
Elle venait de débarquer ce jour-même, peut-être même à l'instant. Limite affolée par ce qui lui arrivait, elle voulait savoir comment jouer, comment rencontrer des gens, quoi faire ici. Je lui ai dit que Second Life n'était pas un jeu, mais un Univers. Qu'il était possible de faire des milliers de choses mais que c'était à soi de se fixer ses propres objectifs.

- Quels conseils me donnerais-tu?
- Juste d’être ouverte, sympa et... patiente!

J'ai cherché à l'aider le mieux possible pour qu'elle ne se décourage pas. Je me suis même surpris à craindre pour sa vie virtuelle. Allait-t-elle durer une journée? Quelques mois? Une vie entière? Allait-elle passait à côté du "truc"?

La réussite de la vie virtuelle peut tenir à un fil.

Tout en lui parlant, je me souvenais de mes débuts. J'avais oublié que moi aussi j'étais dans un état de dépendance. J'avais eu besoin des autres pour des choses aussi simples que danser, passer du jour à la nuit, ou même trouver un lieu intéressant.
Depuis ses débuts, Second Life a généré une longue chaîne de solidarité entre les résidents. Une chaîne d'entraide où les plus aguerris transmettent leur savoir à ceux qui débutent.
L'apprentissage d'une vie passe par les autres.

Cette rencontre m'a éclairé sur le rôle des "mentors", qui ont décidé de donner une partie de leur temps à aider les autres.

Ce choix altruiste suscitait mon admiration et en même temps m'intriguait. Donner de son temps à des inconnus, les aider à résoudre toutes sortes de problèmes, juste pour le plaisir de le faire, me semblait génial et incompréhensible en même temps. Pourquoi cette générosité? Comment l'expliquer?

Et puis j'ai compris. Enfin, je crois. Les mentors représentent la partie visible de l'iceberg. "Donner" est une des raisons d'être de nombreux résidents dans ce monde. Vision naïve?

Des musiciens donnent des concerts gratuits. Des créateurs, comme Yadni Monde mettent à disposition des centaines d'objets virtuels gratuits, des builders créent des lieux de vie stupéfiants. Des dizaines de tutoriaux sont créés pour nous aider à évoluer dans ce monde, des Sims comme la Coopération Française sont conçues exprès pour aider les noobs, et enfin des blogueurs partagent leurs connaissances et leur savoir.

Second Life est un monde de mentors.

Donner quelque chose de la compréhension de ce monde mystérieux est pour de nombreux résidents une raison de vivre. Une nécessité, que j'ai moi-même ressentie.

Je n'avais pas vu que cette solidarité si particulière, dont j'avais déjà parlé était si ancrée dans cet univers. Second Life a fait naître une génération de "passeurs".
Cela est très réjouissant. Cela fait partie de la culture SL.
Parce que nous sommes au début de l'ère "virtuelle"?
Parce que nous sommes encore en minorité?
Parce que nous voulons faire savoir au reste du monde que l'expérience du virtuel peut enrichir l'être humain?

Au cours de ma vie Slienne de nombreuses personnes m'ont transmis, parfois même sans s'en rendre compte, par leurs connaissances techniques, leurs réflexions, leurs écrits, leur art, ou même par leur façon d'être, des éclairages qui m'ont permis d'avancer.
Les noobs n'échappent pas à cette règle. Ces "apprentis de la vie virtuelle" nous rappellent sans cesse, par leurs questions, leur fraîcheur, leurs peurs, ce que nous étions et ce que nous sommes devenus. N'oublions pas que certains d'entre eux seront en mesure, un jour, de transmettre...

" Si je devais retirer tout ce que les autres m'ont apporté, il ne me resterait que la peau et les os"

Goethe




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samedi 9 février 2008

Second Life: De femme à femme


Quand je veux être seul, tranquille, j'utilise mon avatar féminin. Je n'ai aucun ami sur ma liste et cela me permet d'être totalement anonyme. J'ai l'impression que chaque vie créée, chaque nouveau personnage qu'on interprète vient compléter les vies précédentes. C'est peut-être le cas quand on passe de la vie RL à la vie SL. C'est aussi ce que permettent les "avatars alternatifs" par rapport aux avatars officiels. Myster a des amis, des lecteurs, une vie sociale relative.
Quand je suis mon personnage féminin, je n'ai pas les mêmes envies que Myster. Je n'ai pas envie de fréquenter les mêmes lieux, et très logiquement je ne rencontre pas le même type de personnes. Comme si mes personnalités étaient très différentes. D'ailleurs, elles le sont.

L'autre soir, je me suis retrouvée à un endroit où une autre avatar faisait des essais de programmation avec ses créations. Nous étions toutes les deux toutes seules et nous avions engagé une conversation. De femme à femme.
À un moment, elle m'a demandé de l'aider à tester ses animations. Peut-être qu'elle a senti en moi la fille gentille prête à rendre service. Ou peut-être tout simplement que j'étais la seule avatar dans les parages.
En tout cas, j'ai passé un certain temps à cliquer sur ses boules. Enfin, les boules qu'elle avait créées. Je crois que ça lui a fait plaisir.

C'est un peu ça Second Life. On peut passer une soirée entière à cliquer sur des boules roses et bleues juste pour rendre service à quelqu'un que l’on connaît à peine. Cette solidarité Silienne , très présente, vient peut-être des difficultés techniques qu'il y a à vivre dans cet univers et auxquelles nous sommes tous confrontés. Nous aimons aider les autres. Il y a même ici des "mentors", ces avatars dont l’activité consiste à aider "les apprentis" à apprivoiser la vie virtuelle. Gratuitement. Pour le plaisir d'aider.

Je me suis retrouvée assise à côté elle sur son tapis. J'ai été troublée par notre proximité physique. C'était la première fois qu'en tant que femme que je m'asseyais à côté d'une femme.
Est-ce que ce trouble venait du fait qu'elle ne sache pas que j'étais un homme dans la réalité? Pas seulement. Notre relation était celle de deux femmes entre elles. Et ça, je ne l'avais pas encore expérimenté.
Un homme est venu pour nous parler. J'ai tout juste été polie. C'était un gentil noob, on l'a aidé, mais j'avais envie de rester tranquille avec elle.

Dans notre rencontre, il n'y avait rien d'un mensonge ou d'une tricherie. Elle m'a prise pour une femme et c'est ce que j'étais à ce moment-là.
Si j'avais tenté de la séduire, elle m'aurait peut-être dit qu'elle n'était pas lesbienne. Et si elle avait été tentée par une aventure homosexuelle, le fait que je sois un homme ne l'aurait pas empêchée d'imaginer qu'elle a fait l'amour avec une femme.

Ceux qui viennent ici ressentent cette règle du jeu comme une évidence. Dans le virtuel, peu importe s'il s'avère qu'un jeune homme de vingt ans a fait l'amour avec une femme qui en a soixante dix-huit. Car lorsque cela s'est passé, ils étaient tous les deux jeunes et beaux. Peu importe pour le client d'une escort girl , si cette superbe femme qui a su utiliser les bons mots pour le faire jouir est en fait un homme de cinquante ans chauve et bedonnant.
Peu importe qui se "cache" derrière son personnage. Nous l'acceptons sans sourciller. Car nos "âmes" communiquent et cela suffit.

N'y a-t-il pas quelque chose de subversif dans ces nouvelles règles du jeu?
Je le crois. Et cela participe à mon avis de la méfiance que suscite Second Life.
Le monde virtuel se caractérise par l'abolition de barrières et par la création d'une nouvelle manière de communiquer, d'être et d'agir. Il peut même être une opportunité de réparer certaines injustices dans le monde physique. (Pensons par exemple aux handicapés qui peuvent grâce au virtuel avoir un corps comme les autres.) Il peut même devenir pour certains "une seconde chance".

Espérons que la liberté de choisir l'âge, le sexe, et la forme que l'on souhaite sera préservée et qu'elle ne sera pas seulement une parenthèse dans l'histoire de ces mondes alternatifs...

À la fin de la soirée, cette gentille avatar est devenue la première amie de ma liste.

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