Pour les romantiques, un aperçu du moment que j'ai passé avec Pétunia, sur une très belle chanson d'Almo, "Daily Odyssey".
samedi 31 mars 2007
Bienvenue sur Second Life
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Myster Welles
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samedi, mars 31, 2007
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mercredi 28 mars 2007
Myster Welles au parc d'attractions
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Myster Welles
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mardi 27 mars 2007
Second Life: Remise en question virtuelle

La décision de ne pas utiliser mes attributs a été lourde de conséquences.
Vous l'avez compris, j'adore ce monde. Depuis que j'y vais, ma vie réelle s’est enrichie. Pourquoi? Un des effets de Second life est de vous sortir de votre conditionnement. Cela ne peut que faire du bien. On est plus créatif, plus ouvert sans doute, et notre cerveau est content d’apprendre à vivre dans un nouveau monde.
Mais depuis cette récente prise de conscience, j'avoue avoir pensé que ce monde allait perdre momentanément de sa saveur. La saveur du jeu de la séduction. Des questions légèrement persécutrices me sont venues:
Moi (1): Est-ce que ton moteur, sans que tu le saches consciemment, n’était pas justement, "la sexualité "? À prendre au sens large : Rencontre, séduction, jeu ? Etait-ce donc cela l'attrait pour Second Life?
Moi (2): Pas seulement...
Moi (1): Arrête, tu as passé ton temps à rencontrer des avatars femelles!
Moi (2): C'était uniquement pour prendre le pouls de ce qui se passe ici!
Moi (1): Tu en as d'autres comme ça?
Moi (2): J'aime danser. Ok? j'ai toujours voulu être danseur, comme Andy Kaufman, "a song and a dance man". Quel mal à ça?
Moi (1): Ok. Dis-moi ce que tu vas faire maintenant sur Second life? Quelle va être ton activité principale, si ce n'est plus jouer à rencontrer et séduire des avatares?
Moi (2): Tu crois vraiment que je suis aussi limité que cela? Il y a des milliers de choses à faire ici!
Moi (1): Quoi par exemple?
Moi (2): De l'humanitaire, du tourisme, de la création... je sais pas!
Moi (1): On en reparlera...

Il est vrai que Second life est, par nature "érotique". D'abord, c'est un grand bal masqué, où participent des gens du monde entier (quoi de plus exotique?) et où même nos corps sont masqués. Cela laisse une très grande place pour le fantasme et l'imaginaire. Ensuite, l'état d’esprit de découverte perpétuelle qui y règne concourt à "l'érotisme ambiant."
La plupart des avatars sont avides d’apprendre à effeuiller ce monde, sa technologie, pour en saisir le sens ou ses plaisirs.

Comment évoluer dans ce monde sans être entraîné là où je ne souhaite pas aller ? Où mettre la barre en ce qui concerne les rencontres? Qu'est-ce qui est raisonnable? Dangereux? Inconsidéré? Jusqu'où il y a jeu de rôle?
Au point où j'en suis, le mieux, c'est de ne rien faire du tout. Arrêter toute activité qui pourrait paraître séduisante ou attirante. Tout en continuant de m'amuser. Mettre sur mon profil: Please: no sex! Comme me l’a dit une amie avatar récemment, « c’est facile de dire oui au sexe, quand tu passes un vrai beau moment avec quelqu’un ».
Rester zen et faire gaffe.

Ce soir là, alors que j'errais après ces difficiles résolutions, Ct,qui était avec un ami à elle me propose de la rejoindre dans un Parc d'attractions français. Après tout, cela tombait bien, Ct m'avait confié qu’elle ne comprenait pas l’intérêt d’avoir des relations sexuelles virtuelles. Je pouvais la voir sans risque.



C'était triste à pleurer.
Je repensais à mes slows langoureux, à toutes ses salsas endiablées où parfaitement synchronisés, nous dansions mes partenaires et moi, transformés en un seul clic, elle, en une sensuelle danseuse sud-américaine ou espagnole et moi en un véritable danseur professionnel habile et terriblement gracieux.
Quand le coeur n'y est pas, où que l'on se trouve, même dans un parc d'attractions, le monde peut être vraiment glauque. "Tu ne vois pas le monde tel qu'il est, tu vois le monde tel que tu es" dit le Sage.


Arrive une jeune avatar. Nancy, une Française qui débarquait à peine sur SL.
Étant donné la taille de ses "femelles attributs", je me tiens éloigné. J'essaye de détourner mon regard vers le bas.

Cela ne m'aide pas beaucoup. Heureusement pour moi, elle a l'air plus branchée par les fringues que par la discussion. Au bout d'un moment, nous nous perdons de vue.


Je décide alors d'aller faire de la chute libre du chez Stan's parachuting skydiving, une adresse que m'avait donné Ct.
Cela défoule et c'est plutôt drôle.

Ayant réussi à me maîtriser avec Nancy, je contacte Kti, une Française qui était online. Nous avions à peine échangé, mais elle se souvenait de moi.

Après le saut, nous entamons une discussion. Je me tiens éloigné.

Kti, très gentille avatare, aime les hommes sensibles, et me range dans cette catégorie. Cela me touche bien entendu, mais je m'arrange pour lui répondre que ce n'est pas si rare que cela, qu'il y a plein d'autres hommes sensibles.
Elle : D’où tu viens ?
Moi : En fait, je viens d’une autre planète. De Vénus.
Elle : C'est très rare de rencontrer un beau vénusien...
Moi : Merci.
Je ne réagis pas. Je ne peux pas réagir. Je ne relance pas sur les compliments. Je sais que cela peut dégénérer.

Elle : J’aimerai bien être une vénusienne…
Je ne peux pas reprendre cette perche. Mon cerveau rationnel est en pleine action. Ne pas me laisser prendre par le jeu. Ne pas lui dire : ça te dirait qu’on danse un slow ? ou bien : j’aime bien tes lunettes. Tout retenir. Je lui pose des questions sur elle, ça peut être un moyen d'éviter le pire. Kti m'apprend qu'elle a deux avatars. Son autre avatar est en couple, et elle, Kti, est célibataire. L'avatar mâle qui est en couple avec son autre avatar ne sait pas qu'elle a un autre avatar qui vit sa vie! Elle peut simultanément vivre deux vies: une vie de couple et une vie de célibataire. Je l'envie de pouvoir vivre deux vies sans complexe et sans se prendre la tête comme je le fais.

Alors que la discussion ne s'enflamme pas à cause de mon manque de réaction, j'observe la douce et gentille approche de Kti et je comprends qu’il suffit de très peu pour avoir des sentiments sur Second life.
Il y a une raison simple à cela : Il n’y a rien de plus facile que de tomber amoureux d’une image. On ne connaît pas l'autre tel qu'il est vraiment, et le fantasme peut agir en toute liberté. C'est un des piège du sentiment amoureux: il est très fort et s'appuie très souvent sur une illusion...créatrice.
Kti et moi nous nous quittons, sans que la situation ne dégénère.
Je vais faire en sorte que le parc d'attractions redevienne joyeux.

Voici un rapide aperçu de ce que j'ai vécu. Glauque non?
Temple bouddhiste
Parc d'attraction
Stan's parachuting skydiving
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lundi 19 mars 2007
Ma vie sur Second Life: Rêve de singe

Cet article contient des images et des mots qui peuvent choquer. Si vous avez moins de 18 ans, vous êtes prié de quitter immédiatement ce site.
Merci.
L'autre soir, je revois L., qui d'ailleurs se définit plus comme une fille curieuse que sérieuse. Tant mieux. J’aime la saine curiosité.
La soirée s’annonçait plutôt bien. Je l’ai emmenée au Jad's Jazz Lounge, une boîte de jazz très sympa, nichée dans des hauteurs incertaines et inspiratrices.

Seul problème : j’ai buggué comme un malade. J'ai passé mon temps à me reconnecter.
Le bug ou le « crash » sur SL joue un peu le rôle de la sonnerie de téléphone dans la Real Life: ça casse très vite l'ambiance, voire, ça vous tue votre soirée. Le Jad’s Jazz a le problème des lieux trop fréquentés. Aux heures d’affluences, le « lag » (décalage) est trop important et il devient difficile de faire des choses aussi simples que danser un slow ou faire trois mètres sans patiner. Mais écouter du jazz, même lorsqu'il y a trop de lag, me fait décoller...

Avec L. nous avons galéré une bonne demi-heure à essayer de danser un slow. Soit l’animation ne fonctionnait pas, soit nous étions totalement désynchronisés dans nos mouvements. Pas très favorable au jeu de la séduction.
Assez exaspéré pas nos échecs successifs, j'ai eu l'idée d'aller dans un endroit plus isolé de la boîte. C'était idéal. Les boules de slow fonctionnaient parfaitement et il n'y avait personne pour nous déranger. Nous pouvions enfin commencer notre soirée.


Bug de ma part. Je reviens.


Autre bug. Je présente mes excuses.

Et ainsi de suite, pendant une bonne demi-heure.
Avec un train de retard, j'ai fini par comprendre que le bug était dû aux photos que je prenais. Je me reconnecte à vitesse grand V, heureux d'avoir trouvé d'où venait le problème.

L. n'étais plus là. Partie. Mes bugs avaient dû la faire fuir.
Elle: On recommence?
Moi: Tu es là?
Elle: Oui, tu ne me vois pas?
Très difficile de voir une femme invisible. C'était tout simplement le nouveau bug de la soirée qui venait de faire son apparition.
L. me voyait, mais moi je ne la voyais plus. Simple comme soirée. Nous nous sommes quand même replacés sur l'animation. C'était mieux que rien.
Elle: J'aime tes caresses.
Gros effort d'imagination de ma part. J'ai caressé du vide pendant un quart d’heure.
La soirée s'est terminée par un gros bug de sa part à elle. Dans ces cas, là, il vaut mieux ne pas insister. Le Dieu de Second Life ne voulait pas que nous terminions la soirée ensemble. Il a sans doute ses raisons.
Le lendemain matin, je décide d'aller acheter des animations pour couples. Sans doute un désir d'indépendance soudain par rapport aux scripts proposés dans certains endroits. Je n'aime pas particulièrement faire les courses, mais j'avais entendu parler d'un petit programme qui permet de se prendre par la main. Je trouvais cela romantique. Je me rends à Animation Warehouse. une adresse que j'avais trouvée sur le forum SL de jeuxonline.com. On y trouve une mine d’infos si l'on veut bien y prendre du temps.

Les boutiques sont étonnantes sur SL. Très vastes. Cela surprend au premier abord. Il faut vraiment beaucoup marcher pour y trouver ce que l'on veut. Je suppose que c'est dû à la place que doit prendre le stockage des scripts.
Chez Animation Warehouse, on vend "tout ce que vous avez toujours voulu imaginer pour votre avatar, sans jamais avoir osé y penser"... Cela va du simple "premier baiser"...

....aux positions diverses et variées, que l'on peut tester, seul, ou en couple. Etonnant.

L'un des moteurs (conscient ou inconscient) de Second Life c'est sans doute la possibilité de vivre des expériences sexuelles virtuelles inédites. Sans oublier l'amour virtuel, qui est bel et bien présent.
La facilité des rencontres, l'absence de peur liée à l'absence du corps, l'exacerbation de l'imaginaire par le fait d'être "caché" derrière son avatar, comme dans un grand bal masqué, sont des ingrédients qui favorisent la sexualité. C'est un nouveau territoire sexuel, et il est tout à fait normal et logique que l'être humain s'y intéresse.
Bien entendu, l'intérêt de Second Life ne se limite pas à cela. On peut y faire mille choses. Cela a été dit mille fois. Il suffit d'aller sur le site de Second Life pour s'en rendre compte.

Alors que je fais quelques achats, je me remets à penser à mes "mâles attributs" que je n'ai toujours pas. C'est L. qui m'avait demandé si j'en avais alors que je ne savais même pas que cela existait.
Je me téléporte dans la seconde dans une autre boutique à Av Puli

Autre genre. On y trouve de tout: des yeux, des tatouages, des peaux pour le visage, ou pour le corps. L'air de rien, c'est essentiel. Si l'on n’a pas beaucoup de définition, de détails, on existe moins. Et nous voulons tous exister le plus possible. Qui dit peau neuve achetée en boutique, dit beaucoup plus de détails. Qui dit plus de détails, dit moins flou. Plus beau. Plus "vrai". Plus "ancien avatar". Bref, mieux.

Et puis il faut comprendre la logique qui y préside:
Plus nous nous rapprochons du réel plus notre avatar paraît vrai et plus la différence entre le réel et le virtuel s'estompe. C'est cela qui impressionne.

Je ne trouvais pas mes attributs. Dans le magasin, je croise un avatar. Je me lance

Moi: Excuse-moi, je cherche des mâles attributs, est-ce que je peux trouver ça ici?
Lui: Je suppose. Ils sont tous très moches.
Moi: Je n'ai pas envie de porter des attributs moches.
Lui: On dirait tous des attributs de singe.
Moi: Ma copine ne va pas aimer que j'aie des attributs de singe... ok, merci, bon shopping.
Fin de la conversation surréaliste.

Alors, utiliser ou ne pas utiliser ses attributs? that is the question.

Lorsque j'ai commencé ce blog, je me posais des questions sans réponses. J'ai fini par répondre à l'une d'entre elles:
Si un avatar couche avec un autre avatar est ce que c'est tromper la personne avec qui il vit dans la vie réelle?
Ma réponse est oui. Cette bulle extraordinaire n'est qu'une extension de notre vie. Pas une autre vie.
Fin d'un rêve de singe.

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mardi 13 mars 2007
Second Life: I love this World

Ce soir là, je reçois un gentil message d'Aniah, qui me dit avoir trouvé des cheveux pour moi. Délicate attention. J’apprécie. Quand je l’ai rencontrée, je venais d'avoir mon bug de cheveux et apparemment elle a été sensible à mes malheurs virtuels.
Trop content, je décide de me téléporter pour la retrouver. Je reçois alors un message de téléportation d'Isolde, m'invitant à la rejoindre quelque part. Sans explication. Sans même dire bonjour. Génial. Je n'ai pas hésité: mes cheveux allaient devoir attendre. J'ai signalé à Aniah que j'avais une urgence. Ce qui était vrai. Isolde m'attendait quelque part.
J'arrive donc à ElvenGlen, sans savoir où j'allais débarquer.

Isolde m'attendait, assise sur un banc, les jambes croisées.Elle était particulièrement belle ce soir-là.
Isolde: Hi Myster!
Très forte impression. Elle m'a proposé de m'asseoir. Le lieu était sublime et très calme. Les sons étaient très bien choisis.

Moi: C'est quoi ce lieu incroyable? Où sommes-nous?
Elle: Disons que c'est "mon lieu"... nous sommes à Elvenland... tu ne connais pas?
Moi: Pas encore...
Elle: C'est très connu ici... Peut-être que tu fréquentes des gens connus de Second Life, Myster...
Cette phrase a augmenté mon taux d’adrénaline. Cette fille que j'aimais beaucoup, était en plus une personnalité de SL. Cela m'a beaucoup plu. J'avoue.
Je pouvais à peine parler. J'étais submergé par l'émotion d’être là dans "son lieu", avec elle. Cet endroit a été créé par une communauté d'Elfes. Terriblement poétique. Je remarquais alors pour la première fois ses oreilles: Isolde était aussi un Elfe, un de ces génies aériens de la petite mythologie. Ce soir-là, j'ai ressenti ce que SL pouvait offrir de plus fort. Je suis en quelque sorte passé de l'autre côté du miroir. Je flottais dans un monde merveilleux. J'étais très loin.

Moi: Merci de me montrer un endroit pareil. J'ai un besoin pressant de prendre des photos...
Elle: Tu es voyeur?
Moi: Comme tous les êtres humains je pense. Et toi?
Elle: Aussi.
Moi: Donc tu es humaine.
Elle: lol
Isolde m'a guidé d'un endroit à un autre. C'était doux, calme et enivrant.

Elle: ça ne te dérange pas de t'allonger ici?
Moi: Pas du tout.
J'ai apprécié sa délicatesse.
Dans ce lieu, nous étions plus beaux. D'ailleurs tout était plus beau. Ce n'est pas l'émotion qui me fait dire cela. Certains lieux ont des textures particulièrement belles et dégagent plus de vie. Les détails sont plus riches et créent une émotion plus forte. Les avatars profitent aussi de ces qualités visuelles.

Nous n'avons pas beaucoup parlé, dans mes souvenirs. Mes émotions se bousculaient et je ne pouvais exprimer qu'un langage "d'amour", sans que je sâche vraiment ce qui était en train de se passer.
Moi: Tu es vraiment une femme incroyable.
Elle: Tu es très "teasing" (taquin) j'aime bien ça, enfin sur SL...

Moi: Je te trouve très belle.
Elle: Comment tu peux parler de beauté alors que les avatars sont une illusion de nous, une projection idéalisée?
Je lui ai répondu que la beauté de l'avatar nous permet de montrer aux autres la part de Beauté qu'il y a en nous. En général, celle-ci n'est pas visible par les autres.
Plus tard, elle m'a emmené tout en haut d'une montagne, près d'une cascade. Les différentes lumières qu'offrait le menu, lever du jour, midi, ou soir, étaient toutes magnifiques. Je n'ai pas su choisir laquelle était la plus belle.

Moi: Tu as l'air à l'aise dans ce monde.
Elle: I love this World , with all his artifices and all its deeper thruth...
Oui, il y a une vérité profonde dans le monde virtuel. Paradoxalement. Sans doute parce qu'ici nous sommes à la frontière entre l'imaginaire et le réel. Et la vérité a plus de chance de se dévoiler lorsque nous avons les pieds sur terre et la tête dans les étoiles. C'est aussi en cela que le virtuel nous fait grandir.

Elle: parle moi de toi...
Moi: Je suis un humain et un avatar
Elle: ça je le sais déjà... Dis- moi des trucs, je sais pas comme, "quel est ton fromage préféré?"
Moi: Le camembert...
Elle: lol

Elle: Tu as remarqué, les textures sont particulièrement belles ici...
Moi: Oui. Je suis surpris d'être ému par un paysage technologique...
J'avais un préjugé. Je ne pensais pas que des lieux virtuels pouvaient nous émouvoir et concurrencer l'Oeuvre de la Nature, qui est bien entendu indépassable. Il est stupide de comparer les deux. Les émotions ne sont pas les mêmes et les fonctions non plus.
La nature, c'est ce que j'appelle notre première réalité. Nous en faisons partie intégrante. Elle a été faite de telle sorte que nous puissions respirer. Elle nous est donc indispensable.
Le monde virtuel n'a pas cette nécessité. Il n'est pas indispensable à notre respiration.
Mais il est indispensable à notre imaginaire.

En regardant toute cette beauté autour de moi, je me mets à penser que l'organique, c'est une forme de technologie absolument prodigieuse.
Je pense à Matrix. Qui n'y pense pas sur Second Life? À force d'évoluer dans un monde virtuel qui fait "illusion", nous ressentons encore plus fortement, par analogie, que le monde réel qui nous entoure est non seulement d'une beauté inouïe, mais qu'il est le produit d'une intelligence qui nous dépasse. Il fait, lui aussi, illusion. Et il ne nous est pas donné une fois pour toutes.

Elle: Tu es trop sensible pour ce monde Myster...
Peut-être. La vie ne nous a pas livré tous ses secrets. Si l'on y travaille, des voiles se lèvent progressivement et l'expérience du virtuel participe à cette initiation. Isolde a eu raison. Cette soirée, qui a été l'une des plus belles de ma vie, était trop intense. La dose de virtuel et de spirituel était trop importante. J'ai eu par la suite, un trop plein de sens et le besoin d'arrêter la machine à découvrir.
Isolde me quitte en me disant que la prochaine fois, c'est moi qui lui montre un lieu.
Cela va être difficile de faire mieux...

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jeudi 8 mars 2007
Ma vie sur Second Life: Une bande de malades


Il y a des moments difficiles sur SL. Acides. Kafkaïens.
Je débarque à NANTLI XOLAL je ne sais plus vraiment pourquoi, le hasard sans doute, même si j'ai tendance à penser qu'il n'existe pas.
Au loin j'aperçois un groupe de trois personnes. Je m'approche d'eux, surtout pour savoir où j'avais débarqué. Ils parlaient anglais très rapidement et j'avais du mal à saisir la conversation.
Moi: Où sommes-nous?
Une des filles: sur SL!
Moi: Ok. Merci. J'étais au courant.
La fille: Tu n'es pas chez le coiffeur! Tu n'es pas chez le boucher! Pourquoi tu es tout en noir?
Moi: J'aime ça.
La fille: Tu es un espion, voilà pourquoi tu es en noir. Tu es un espion français.
Ça avait l'air de les faire marrer.
Très vite, avec eux, je me suis senti stupide. Pourtant ils n'étaient pas particulièrement intelligents, mais ils avaient l'air de supériorité de ceux qui "savent" quand ils sont en présence d'un petit jeune qui débarque.
Je clique sur le profil de Caebrianna. (simple comme prénom, surtout quand vous chattez à l'écrit et que trois personnes n'arrêtent pas de lancer des vannes en anglais.) Sur son profil, Caebrianna disait qu'elle ne cherchait absolument pas d'histoires d'amour et de cul, et qu'elle était déjà casée dans la RL.

Je l'ai trouvé assez culottée de se looker dans un style BCBG sur SL, alors que la plupart des résidentes adoptent une tenue décontractée et "mode": jean, baskets, petit tee-shirt avec nombril et string apparents.
Sans le faire exprès j'ai cliqué au mauvais endroit et je lui ai proposé de devenir mon amie. Elle s'est empressée de refuser ma proposition. Je m'y attendais.On avait à peine échangé. J'aurais fait la même chose. Mais c'était vraiment l'erreur à ne pas faire.
Caebrianna n'a pas arrêté de me chambrer, pas méchamment j'avoue, sur ma maladresse, mon incompréhension à saisir ce qui se passe, la lenteur de mes réponses. Et plus j'essayais de taper vite, et plus je faisais des fautes de frappe. Elle m'a traité "d'espion rapide comme l'éclair" et surtout "d'excellent typographe."
Au bout d'un moment qui m'a paru très long, je réalise que pour cette petite bande d'avatars, une bonne partie de la vie sur SL consiste à s'amuser à créer des "scripts", à se montrer leurs différentes trouvailles informatiques, à se les échanger. Certains, d'ailleurs, en font un business.
À un moment, Caebrianna et un ami se synchronisent en un clic, devant mes yeux. Main dans la main, ils se mettent à tourner la tête en même temps, puis à marcher dans la même direction comme de véritables automates siamois. L'effet est saisissant et drôle à la fois. SL peut définitivement nous offrir des moments inédits, absurdes et poétiques. S'il suffit de créer un programme pour nous "relier"et nous faire marcher ensemble dans une même direction, pourquoi ne pas relier ensemble des peuples ennemis? Second Life ou le rapprochement des peuples...

C'est un peu ce qui m'est arrivé avec mes nouveaux amis difficiles. Contre toute-attente, ils m'ont demandé de m'accrocher à eux. Je me suis retrouvé bêtement collé sur leur dos. C'est une expérience.

On arrive dans cette configuration particulière, près de Michèle, une de leurs amis, enfin je pense. Je n'étais vraiment sûr de rien ce soir-là.

Michèle leur dit qu'elle a fait un nouveau script: Des ailes en forme de feuille de cannabis. Devant tant d'événements surréalistes en si peu de temps, je saute sur la touche photo et je bombarde. Je me dis que je suis vraiment tombé sur une bande de malades. Cela me fait bien plaisir.


Alors que je m'amuse à photographier son look incroyable, je comprends vaguement que Michèle pique une crise.
Elle accuse mes deux compagnons d'avoir pris des photos de sa récente création! Elle est véritablement furieuse! Et moi très gêné... ( Au cas où, je préfère prévenir: Si vous prenez des photos, cela s'entend! )
La concurrence, la rivalité et le désir de réussir sont aussi présents sur SL. C'est humain. C'est aussi "avatarien".
Après des excuses réitérées, l'aveu de mon ignorance, et avoir dû jurer que je n'étais pas un vrai espion, plus personne n'a semblé m'en vouloir. Je crois même que finalement Michèle se fichait des photos.
Mais j'ai été éprouvé. Je n'aime pas les malentendus virtuels. Ils sont étonnamment difficiles à vivre. Ils viennent assombrir le paysage. Casser le rêve.
Le groupe s'est de nouveau collé , mais cette-fois ci, à quatre. Ils ont fait des aller-retours devant mes yeux, de droite à gauche, avec une hystérie joyeuse.
Cette fois-ci, je n'ai pas pris de photos...
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dimanche 4 mars 2007
La vie sur Second Life: Une fille sérieuse et quantique

L. est une fille sensible et qui a un grand imaginaire.
Je l'ai rencontrée à Phreak Isle. Dans mes souvenirs, c'est elle qui m'a parlé en premier et ma première impression, c'est qu'elle était une fille sérieuse. Il faut toujours voir au-delà des apparences.
Après quelques mots échangés en anglais, nous nous sommes rendu compte que nous étions français tous les deux. Cela lui a fait de l'effet. Je comprends. Quand une illusion tombe, cela fait toujours de l'effet.
L'arrivée prochaine du chat vocal dans Second Life, qui sera sans doute aussi révolutionnaire que le cinéma sonore l'a été au cinéma muet, mettra fin à ce genre de malentendu. Nous serons encore plus proches des autres avatars. Cela ouvrira d'autres perspectives.

Très vite, elle m'a demandé si je connaissais des endroits sympas où il y avait des étrangers. Elle voulait pratiquer son anglais. Très sérieuse je vous disais.
Comme la veille j'étais allé au Red Rubies avec Sheena, j'ai décidé de l'emmener là-bas.

Elle a beaucoup aimé le Red Rubies. Dans certains lieux comme celui-ci ou comme The Lost Garden of Apollo dès que vous arrivez de votre téléportation, tout le monde vous dit "bonjour". C'est très agréable d'être bien reçu après une téléportation.

Je crois bien que c'est elle qui a voulu danser un slow avec moi. Très vite, elle m'a dit qu'elle était très contente de m'avoir rencontré. J'ai été surpris par cette déclaration plutôt rapide, cela faisait très peu de temps que nous étions ensemble et nous avions très peu échangé. Et puis je n'avais rien fait de particulier. Je ne l'ai pas "draguée". J'ai juste été gentil avec elle, comme beaucoup d'avatars sur SL. En général, les plus anciens prennent beaucoup de plaisir à faire partager ce qu'ils connaissent et à aider les plus "jeunes". C'est typique de l'état d'esprit fraternel qu'on peut trouver chez de nombreux résidents.
Alors que je danse avec elle, je remarque que Sheena, (je précise: le premier avatar que j'ai embrassée dans Second Life), est aussi au Red Rubies. C'est un endroit qu'elle fréquente beaucoup et où elle retrouve généralement ses amis.

Je lui envoie un message privé.
Moi: Tu es et tu seras toujours la première...
Elle: Tu es mignon. No Pb. Have fun!
Elle a été, comme à son habitude, très cool et me voir danser un slow endiablé avec une autre avatar ne lui a posé aucun problème. Sur SL, les règles affectives, relationnelles et sexuelles ne sont pas tout à fait les mêmes que dans la RL. Et l’une des raisons à cela, c'est sans doute, l'absence du corps. Celle-ci crée un détachement bénéfique et rend nos relations tout de suite plus "spirituelles." C’est logique : quand il y a moins de matière, il y a plus d’esprit. J’ai l’intuition, mais peut-être que je me trompe, qu’il y a moins de jalousie et de possessivité que dans la RL.

Puis, alors que le slow continuait et que nous étions bien tous les deux.
Elle: Je ressens presque...
Moi : Moi aussi...
C’est vrai. Ici, on ressent "presque" les choses. Et ce "presque" donne toute la saveur à l'expérience virtuelle. Nous sommes dans un entre-deux. Entre le réel et le virtuel. Entre le fantasme et la réalité. Certains diraient entre le Ciel et la Terre.

Je me souviendrai toujours de la première fois que j'ai dansé sur SL, c'était très émouvant. Mon coeur battait et je ne savais pas bien ce que je vivais. J'étais sur l'écran en train de danser et en même temps je me voyais le faire. Ce dédoublement crée une sensation de trouble inédit. On est simultanément dans deux endroits différents, comme la matière dans le monde quantique, qui peut être partout simultanément. Nous y reviendrons, mais l’expérience du virtuel, à mon avis, est un pas de plus vers la compréhension du monde quantique, qui a tendance à échapper à notre raison. Disons que nous commençons enfin à le vivre et plus seulement à le théoriser.
De fil en aiguille, je me suis surpris à lui dire que j'étais content de lui apprendre des choses.
Elle: J'aime bien que ce soit toi qui m'apprennes...
Moi: Je veux bien t'apprendre plein de choses...
Elle: lol
Silence
Elle: On peut faire plus?
Moi: Oui mais pas ici, je suppose...
Elle : Il y a des endroits?
Moi: Il y a des endroits avec des trucs assez hards et des endroits avec des trucs "softs", où l’on peut juste s'allonger....
Elle: Tu connais déjà les endroits hards et les softs???
Elle voulait me tester je pense. Savoir si j'étais un Don Juan virtuel.
Moi: Faut que je te fasse un aveu, je suis vierge ici et en fait j'ai jeté un oeil sur ce genre d'endroits... en fait j'aimerais bien connaître un endroit où l’on fait l'amour soft, ça je ne connais pas mais j'ai une idée. On peut essayer.
Elle: Oui je veux bien essayer avec toi. J'ai des " femelles attributs" et toi?
Je crois que c'est une des phrases qui m'a le plus surpris dans ma vie. Intérieurement, j'en ris encore.
D'abord parce que je ne m'étais jamais posé la question de savoir si j'avais des attributs. Ensuite parce que je ne m'attendais pas à ce que L, plutôt réservée, voire un peu distante, soit aussi directe.
Moi : Je n'ai pas "d'attributs", enfin, pas à ma connaissance...
Elle: Je me sens mal à l'aise, c'est le décalage je pense.
L. est ambivalente par rapport à la sexualité virtuelle. Je la comprends. C'est très décalé. Qu'est-ce que nous sommes réellement en train de faire? Si l'on résume la situation: Nous étions deux avatars qui se connaissaient à peine, en train de s'exciter dans un monde virtuel. C'est un peu un bouleversement dans une vie. Et c'est aussi une situation inédite qui demande qu'on s'y attarde.
Moi: Si tu te sens mal à l'aise, on peut aller dans un bel endroit romantique, sans rien faire.
Nous nous sommes téléportés dans une endroit de rêve, enfin... disons que je me suis téléporté tout seul dans un endroit de rêve car, une fois que je suis parti, L. m'a dit par IM qu'elle allait devoir me laisser...
Je pense qu'elle a eu peur. Ou que son mari l’a surprise avec un inconnu virtuel. ( Je ne connais rien de sa vie réelle et elle ne connaît pas la mienne). Je la comprends. Cela n'est pas simple de se lancer dans une aventure sexuelle ou amoureuse virtuelle. Cela questionne. Et comme elle est sérieuse, elle réfléchit avant d'agir.
Elle m'a dit: j'aimerais bien te revoir...
Moi: Avec plaisir...
Elle : Avec plus que plaisir...
Dans le monde quantique, on peut être sérieux et pas sérieux en même temps.
Publié par
Myster Welles
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dimanche, mars 04, 2007
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jeudi 1 mars 2007
Second Life: Une petite demi-heure

J'ai vu pour la deuxième fois Isolde Wise . Cela m'a fait bien plaisir. Nous sommes allés à Phreak Isle, un lieu tranquille en général, même si parfois on y croise des gens un peu déjantés. Il y a une grande piscine, un bout de plage où l'on peut faire du surf, danser ou même regarder un film.
Nous allons à la piscine et elle clique sur le grand radeau sur l'eau. Je la rejoins.

Moi : Ouah, tu es sexy ce soir!
Elle: Oh, oh! ...tu as une vue imprenable sur mes "panties"... Peut-être que nous devrions changer de place, je ne suis pas ce genre de fille...
Je ne la vois que pour la deuxième fois, mais je confirme. Isolde n'est pas ce genre de fille.

Le radeau sur la piscine tournait lentement et je me sentais bien.

Je n'avais malheureusement qu'une petite demi-heure, avant de retourner dans la RL. Très généreuse, Isolde m'a donné une foule impressionnante de cadeaux. La veille, je lui en avais donné aussi, en ouvrant son profil à son insu, alors qu'elle était occupée dans un autre endroit. (Qui peut comprendre une phrase pareille, à part les résidents de SL?)
J'aime bien le don de cadeaux numériques. Les objets sont duplicables à l'infini. On ressent une vraie joie à les offrir.


Elle a changé soudainement ses cheveux en noir, pour faire comme moi, m'a-t-elle dit.
Elle: On a l'air gothiques!
La première fois que nous nous sommes rencontrés à The Lost Garden of Apollo elle m'a dit: "le noir, c'est ce qui nous lie...pas dans le sens BDSM of course". Elle adore le noir et elle doit se battre pour "imposer" à ses amis cette couleur. Je ne sais plus si elle parlait de ses amis dans la RL ou dans SL. Moi j'aime le noir parce que c'est élégant, profond et mystérieux.
J'avoue, Isolde m'a attiré dès que je l'ai vue la première fois. Dès que nous avons parlé, le feeling est passé. C'est assez inexplicable. C'est comme ça. Le premier compliment que je lui ai fait, je crois bien, c'était sur ses cheveux blancs. J'aimais bien le contraste que cela faisait avec sa tenue. J'ai senti peut-être aussi, à travers les premiers mots que nous avions échangés, qu'elle était quelqu'un de "spécial".
Ce qui est très énergisant dans Second Life c'est de sentir l'énergie d'Amour, (dans tous les sens du terme) qui y circule. Qu'elle circule à travers les oeuvres des créateurs de ces mondes, ou à travers les rencontres amoureuses, amicales, sexuelles. Bien entendu, il y aura toujours des gens qui préféreront ignorer la véritable profondeur des champs que nous offrent les mondes virtuels et ne voir que ce qui est "noir". C'est le plus souvent dû à l'ignorance, à la peur ou aux préjugés. Laissons leur le temps de mûrir un peu et peut-être d'avoir des cheveux blancs...
La demi-heure est passée. J'ai hâte de revoir Isolde une autre fois.
Phreak Isle
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