mardi 10 juillet 2007

Second Life: String City


L'envie de réutiliser mon avatar femme est revenue à la suite d'une discussion avec une avatar expérimentée. Elle me disait que pour elle, un "look recherché", était ce qui déclenchait la rencontre avec les autres. Mon amie voyait d'emblée les dizaines d’heures de travail, de recherche, de créativité contenues dans un look et cela lui plaisait. Elle me disait aussi que le look était révélateur: c'est une projection de soi, cela montrait "comment "on voulait être vu.
J'ai dû me rendre à l'évidence. Dans le monde virtuel, non seulement le physique reste le premier signal envoyé à l'autre. Mais de plus, "la sculpture" de son avatar est une sorte de prouesse créative. Cela m'avait échappé. Une lacune dans ma culture SL.

Je n'avais pas envie de rester une pauvre fille à qui personne ne parle. Il fallait changer de look. J'ai d'abord voulu m'offrir un regard. Tout simplement parce que c'est ce qu'il y a de plus important avec la voix.

J'ai trouvé exactement la couleur et la forme que je voulais. Une sorte de vert profond avec des yeux en amande. Mais impossible de faire l'achat. Je n'avais pas assez d'argent sur mon compte. Impossible aussi de débiter ma carte bleue: j'avais oublié de laisser le numéro lors de mon inscription. Je n'ai pas hésite une seconde, je me suis téléporté à Midnight City dans la boutique d'Aimée Weber pour m'acheter quelque chose de moins cher. C'était l'occasion ou jamais.

J'ai fini par m'acheter un string. Etrange. Pourquoi un string? Je ne sais pas. Mais je n'ai pas pu m'empêcher. C'était mon premier string. Je ne l'ai pas encore essayé. Mais je suis sûre que je serai très sexy avec.


Ce n'est pas moi, mais ce que j'aimerais devenir. J'ai encore du boulot.
Copyright Lilith Lunardi

Je suis paradoxale. J'étais plutôt du genre à militer contre les apparences, à ne considérer que la beauté intérieure, alors que j'apprécie énormément de voir un avatar qui prend des poses particulières, qui change de vêtements comme de chemises et qui a des cheveux et une peau bien définies. Bien sûr, c'est plus agréable à regarder.
Mais il y a autre chose: Plus l’avatar s'éloigne de l'avatar de base, plus il est défini, nuancé et complexe et plus il se rapproche de l’être humain. C'est cela qui m’émeut. Il devient alors unique, particulier, et donc plus "beau".

Copyright Lilith Lunardi

Sans faire de la science-fiction on peut imaginer qu'un jour les expressions du visage et les mouvements du corps de l'avatar seront sans doute commandés par nos propres expressions et par nos propres mouvements. Je peux imaginer l'émotion très particulière qui m'envahira. L'impression de voir une vraie réplique humaine agir devant mes yeux. Et son corollaire: l'impression de redécouvrir la réelle beauté de l'être humain. Pourquoi passer par le virtuel pour rouvrir les yeux?
Le virtuel a cet effet miroir. En créant un univers, il crée de fait une analogie avec le monde réel. C'est cette analogie qui permet de redécouvrir le monde réel. Très nettement.


Quelques jours plus tard, j'ai atterri dans un endroit appelé "côte Azure".Des avatars dansaient pour être payés une misère. Je n'ai jamais aimé ce principe. Je trouve cela plutôt glauque, une forme de "prostitution" qui m'a toujours rebuté. Et pourtant, cette fois-ci, pour la première fois j'ai cliqué et j'ai dansé.

Pourquoi lorsque je suis une femme j'accepte de faire des choses que je n'accepterai pas en homme? Pourquoi la "prostitution" ou ce qui lui ressemble est plus facilement féminine que masculine? C'est un sujet très délicat et qu'il faut manier avec des pincettes pour ne blesser personne et surtout pas les femmes. J'ai une hypothèse qui me traverse l'esprit: Les femmes, biologiquement sont conçues pour sélectionner "le meilleur donneur" qui viendra féconder l'unique oeuf qu'elle porte. Contrairement à l'homme qui cherche lui, à disséminer un maximum de "graines". La femme a donc une exigence très forte, dont dépend la survie de l'espèce. Trouver le donneur qui est suffisamment sain pour perpétuer l'espèce.
Par définition une prostituée ne choisit pas le bon mâle mais est choisie, offerte à tous, potentiellement.
Est-ce que la "prostitution" ne serait pas aussi une sorte d'abandon de ce rôle si difficile et exigent à jouer?
"Puisque je ne peux choisir un bon mâle, puisqu'ils sont tous "mauvais" et bien je vais m'offrir à tous"...?

Une chose est sûre : la forme de notre avatar influence notre comportement.

J'ai dansé comme une folle.


Quelques jours plus tard, je me suis acheté des poses chez Animation Warehouse

J'ai toujours trouvé cela très charmant la façon dont certaines avatars plaçaient leurs jambes, les différentes positions d'attentes.

Une figurante sexy qui a accepté de poser pour moi. Admirez sa pose.

Sa pose j'ai dit!

Dans le virtuel nous pouvons envoyer balader le déterminisme qui nous a donné un certain physique, un certain sexe et un certain âge. Lorsque l’on sait combien l’apparence compte excessivement dans nos sociétés, l'on peut considérer cela comme une forme de libération, de nouvelle liberté. Pour tous. Et quel que soit notre physique, notre origine, notre sexe.

Plus tard j'ai voulu continuer mon amélioration et m'acheter une peau dans uneboutique .Pas évident. Cela m'a pris un temps fou. C'est un plus gros investissement.

Plusieurs fois dans la real life, en observant des femmes, je me suis demandé à quel style de femme j'aimerais ressembler. Cela m'arrive constamment. Et c'est un exercice étonnant et captivant. Il y a un style de femme que j'élimine tout de suite: la pouf blondasse vulgaire. Je suis plutôt du genre à préférer être le feu sous la glace que le contraire.

Alors je préfère être dans le style de Raquel Welsh?


Ou plutôt un style à la Grâce Kelly?


Audrey Hepburn?



Greta Garbo?

Admirez ma pose en passant

Elisabeth Taylor?


Ou Lady Dy?


Le virtuel n'a pas de limites n'est-ce pas?

Finalement j'ai préféré ressembler à moi-même. Mais un moi-même que j'ai choisi parmi des anonymes.


Pas elle, trop vulgaire


Elle aurait pu faire l'affaire mais je ne sais pas...


Je lui ai préféré elle


Belle, simple profonde. Comme moi. Enfin, comme j'ai envie de me voir.

Plus tard, à la Coopération française, un jeune avatar fraîchement débarqué a essayé de me draguer. Je ne me suis pas laissé faire. Dès le départ ou presque il m'a proposé son amitié. J'ai refusé. Je ne le connaissais pas bien. J'ai pensé au futur. Je n'ai pas voulu me laisser éventuellement "emmerder" par quelqu'un que je ne connaissais pas. Réflexe purement féminin. Le plus étonnant c'est que je n'ai pas un seul ami dans ma liste. J'ai préféré rester seule que mal accompagnée. J'ai préféré protéger mon ovule et le réserver pour le bon donneur...
Une chose est sûre: je ne suis pas une fille facile.


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3 commentaires:

Loulou a dit…

Bonsoir Myster,
un vrai bol d'air pur à la lecture des aventures de ton "double" au féminin. Mais quelle complexité : à la fois prostituée des "dances machines" mais repoussant les amicales intentions de tout éphèbe SLien....J'admire la justesse du questionnement.
En fait - dans la RL- tu ne serais pas une femme?avoue!
kisskiss
Loulou

Myster Welles a dit…

Bonjour Loulou
merci pour ton commentaire...it's nice.

Oui les femmes sont complexes...et je le ressens dans ma chaire...:)
Dans la RL...qui suis-je?
je me pose toujours la question...:)
Par ailleurs, nous sommes tous faits de féminin et de masculin, biologiquement et psychiquement...à un moment dans notre développement (dans le ventre de la mère) il y a juste une dominance de l'un par rapport à l'autre...
Alors oui, je revendique d'être homme et femme en même temps...ce qui ne m'empêche pas d'aimer profondément ce que la nature a choisi pour moi: ma dominante...féminine...ou masculine? :) Myster!

bizz
Myster

Anonyme a dit…

Bonjour ,

Je suis journaliste et écrit un article sur Second Life .
Est-il possible que je vous contacte pour recueillir votre témoignage ?

Je vous laisse mon mail isabellabernard@live.fr

Bien à vous ;

Isa